Accès direct à la plage @ Jean-Philippe Blondel
"Accès direct à la plage", c'est ce que l'on peut lire souvent dans le petites annonces des locations d'été. En un mot et pour faire vite, il est à peine nécessaire d'enfiler ses sandales pour atteindre la mer, le sable, les cabines, les parasols rouges et blancs et le club Mickey. Une aubaine !
"Un jour, je devrais essayer de tout raconter.
M'enfermer dans une chambre et raconter les journées sur la plage.
L'odeur des locations, quand on ouvre la porte pour la première fois. Et les idées qui vous assaillent soudain.
Cette maison va me voir vivre pendant quinze jours.
Qu'est-ce qu'elle retiendra de moi ?
Il y certainement encore sur les planchers des locations, des particules qui m'appartiennent. Et qui se mêlent à d'autres. D'interminables orgies."
Rien de moins innocent finalement que ces vacances en bord de mer où des êtres que tout sépare se retrouvent, parfois même sans s'en rendre compte sur les mêmes lieux de vacances à des années d'intervalle. Seul fil rouge, le bord de mer qu'il soit à Capbreton, Hyères, Perros-Guirec ou Arromanches....C'est là que tout commence en 1972 et sans jamais finir redémarre même, trente plus tard en 2002.
Il n'y a pas une histoire mais des histoires, qui s'entrechoquent, se heurtent, s'éloignent se perdent et se retrouvent. Un peu comme dans la vie finalement...
Et ce court roman d'à peine cent pages arrive à dépeindre avec une clairvoyance fulgurante, la complexité des liens qui se nouent et se dénouent, les multiples points de vue (pour un peu que l'on change d'angle). Rien n'est jamais ni blanc ni noir.
Jean-Philippe blondel donne la parole à chacun de ses personnages, le temps d'un chapitre court, ramassé et dense (de véritables petites nouvelles dans l'histoire), la leur reprend pour la passer d'autres et la redonner dix ans plus tard aux mêmes ou bien à d'autres encore qui trouveront toujours le moyen d'avoir au moins un point commun avec les précédents parce que la vie est ainsi faite et que le monde est diablement petit...
En lisant ce roman, parfois violent, dérangeant, mais surtout lucide et clairvoyant (où se détachent les portraits de deux écrivains Léo Veriniani et Philippe Avril... ), on a vraiment l'impression de coller son oeil à un kaléidoscope. Le premier plan succède au deuxième dont l'arrangement complète le premier, puis tout à coup tout s'effondre, l'histoire prend une autre couleur, de rouge elle passe au vert pour finalement devenir bleue au gré des oscillations du tube en carton, des monologues des personnages et des années qui passent.. .
L'écriture est limpide, claire, précise sans concession ni pour le lecteur qui se prend au jeu (ne cesse de revenir en arrière pour comparer, enquêter, un poil abasourdi) ni pour les personnages qui se livrent à coeur ouvert, bien écorché souvent.
j'ai découvert Philippe blondel, paradoxalement sur une plage du Morbihan, où nous avions loué une maison en juillet 2004 (avec quasi accès direct à la plage)... Il s'agissait de "1979" son deuxième roman. Emmitouflée sur la plage tandis que mes deux lascars s'ébattaient en pull et bouées dans les flaques d'eau, à marée basse, je suis restée scotchée par ce roman... Je viens d'en relire le premier chapitre, oui c'est détonnant !
P.S Maintenant je me pose la question, est-ce que je vais rencontrer un jour, au détour d'autres pages, la silhouette de Danièle-Natacha-Maud ? L'ai-je déjà croisée dans "1979" ? Décidément il faut que je relise ce roman avant d'entamer les autres....
"Il n'y a qu'une histoire que je ne raconterai pas.
M'enfermer dans une chambre et raconter les journées sur la plage.
L'odeur des locations, quand on ouvre la porte pour la première fois. Et les idées qui vous assaillent soudain.
Cette maison va me voir vivre pendant quinze jours.
Qu'est-ce qu'elle retiendra de moi ?
Il y certainement encore sur les planchers des locations, des particules qui m'appartiennent. Et qui se mêlent à d'autres. D'interminables orgies."
Rien de moins innocent finalement que ces vacances en bord de mer où des êtres que tout sépare se retrouvent, parfois même sans s'en rendre compte sur les mêmes lieux de vacances à des années d'intervalle. Seul fil rouge, le bord de mer qu'il soit à Capbreton, Hyères, Perros-Guirec ou Arromanches....C'est là que tout commence en 1972 et sans jamais finir redémarre même, trente plus tard en 2002.
Il n'y a pas une histoire mais des histoires, qui s'entrechoquent, se heurtent, s'éloignent se perdent et se retrouvent. Un peu comme dans la vie finalement...
Et ce court roman d'à peine cent pages arrive à dépeindre avec une clairvoyance fulgurante, la complexité des liens qui se nouent et se dénouent, les multiples points de vue (pour un peu que l'on change d'angle). Rien n'est jamais ni blanc ni noir.
Jean-Philippe blondel donne la parole à chacun de ses personnages, le temps d'un chapitre court, ramassé et dense (de véritables petites nouvelles dans l'histoire), la leur reprend pour la passer d'autres et la redonner dix ans plus tard aux mêmes ou bien à d'autres encore qui trouveront toujours le moyen d'avoir au moins un point commun avec les précédents parce que la vie est ainsi faite et que le monde est diablement petit...
En lisant ce roman, parfois violent, dérangeant, mais surtout lucide et clairvoyant (où se détachent les portraits de deux écrivains Léo Veriniani et Philippe Avril... ), on a vraiment l'impression de coller son oeil à un kaléidoscope. Le premier plan succède au deuxième dont l'arrangement complète le premier, puis tout à coup tout s'effondre, l'histoire prend une autre couleur, de rouge elle passe au vert pour finalement devenir bleue au gré des oscillations du tube en carton, des monologues des personnages et des années qui passent.. .
L'écriture est limpide, claire, précise sans concession ni pour le lecteur qui se prend au jeu (ne cesse de revenir en arrière pour comparer, enquêter, un poil abasourdi) ni pour les personnages qui se livrent à coeur ouvert, bien écorché souvent.
j'ai découvert Philippe blondel, paradoxalement sur une plage du Morbihan, où nous avions loué une maison en juillet 2004 (avec quasi accès direct à la plage)... Il s'agissait de "1979" son deuxième roman. Emmitouflée sur la plage tandis que mes deux lascars s'ébattaient en pull et bouées dans les flaques d'eau, à marée basse, je suis restée scotchée par ce roman... Je viens d'en relire le premier chapitre, oui c'est détonnant !
P.S Maintenant je me pose la question, est-ce que je vais rencontrer un jour, au détour d'autres pages, la silhouette de Danièle-Natacha-Maud ? L'ai-je déjà croisée dans "1979" ? Décidément il faut que je relise ce roman avant d'entamer les autres....
"Il n'y a qu'une histoire que je ne raconterai pas.
Parce que les mots me manquent.
Parce que chaque fois que j'y pense, je me dis qu'il me reste du chemin à faire pour être capable de transcrire cela.
Je vous regarde Maud.
Je plonge dans vos yeux, Maud.
Ce sont des abîmes de douceur.
Vous êtes Maud, le personnage central des mes romans futurs."
Se dit à lui-même Léo Vériniani...Parce que chaque fois que j'y pense, je me dis qu'il me reste du chemin à faire pour être capable de transcrire cela.
Je vous regarde Maud.
Je plonge dans vos yeux, Maud.
Ce sont des abîmes de douceur.
Vous êtes Maud, le personnage central des mes romans futurs."


12 commentaires:
1er roman annonciateur de toutes les p'tites perles qui suivent...C'est toujours un bonheur de découvrir un nouveau Blondel
Hello Sandra !
Ah oui ! Un minuscule inventaire sera le suivant...
J'avais adoré cette lecture. Achat "inconsidéré" de mon homme un jour: il lit la quatrième de couverture et me dit que le livre est à ne pas manquer...il est rare qu'il se loupe. J'ai aimé que le lecteur soit considéré comme être pensant et moi aussi je suis revenue en arrière, est repris des chapitres, me suis trompée dans les prénoms...Tu m'as donné envie de le relire...surtout que je reviens d'un "accès direct à la plage"...
J'ai beaucoup aimé aussi ! j'aime ces livres où l'on doit revenir en arrière et faire un petit effort pour une belle récompense finale.
Je n'ai pas du tout accroché avec JP BLONDEL !
Merci pour ton passage.
Sympa ta nouvelle bannière !
C'est le seul JP Blondel que j'ai lu. J'ai aimé cette construction, les histoires, les vies qui se croisent, se mêlent, le temps qui passe... Je reviendrai vers cet auteur.
Je vois que nous sommes toutes d'accord, Vanessa, Sylire et Gachucha ! :) :)
J'ai reçu Passage du gué ce matin même !
Anjelica, sait-on jamais ?! un jour ?
merci beaucoup !
j'espère vous retrouver pour d'autres conversations sur nos serviettes respectives, à gauche en arrivant de la grande dune :))
euh - l'anonymé, c'est moi, jp !
jp
C'est moi qui vous remercie jp !
Ah d'habitude je vais plutôt près des rochers (vous savez là où on peut pêcher les petites crabes sardines et presser sur les anémones de mer), mais pourquoi pas, avec plaisir ! :)
"Passage du gué" est vraiment différent. Moi les 2 m'ont plu! J'ai "1979" dans ma PAL...
Hello Anne, bien rentrée de vacances ! ;)
Je compte m'immerger très bientôt !
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