Ce qu'en dit James @ Dominique Schneidre
Ne vous est-il jamais arrivé d’inviter à votre table, de convier dans votre salon, de poursuivre d’interminables conversations avec certains auteurs chers à votre cœur, en faisant fi du temps et de l’espace ? peu importe qu’ils soient disparus depuis des lustres, ils sont toujours là bien vivants, parfois franchement bavards depuis la console où vous les avez posés, la table de nuit où ils ont fait mine de s’endormir, la table de la cuisine où vous les aviez déposés parce que le lait menaçait de déborder.
Dominique Schneidre, oui. Et dieu sait que sa maison est habitée de mille conversations… Quand ce n’est pas Henry James qui intervient à brûle pourpoint, c’est encore Tolstoï ou Dostoïevski, ou encore Balzac, Proust ou Flaubert, en passant par Lewis Carroll. Tous ont leur mot à dire, une opinion à émettre que ce soit au sujet du toit à réparer, les années qui passent et la vieillesse qui pointe son nez.
Mais qu’en est-il exactement ?
L’auteure s’est retirée depuis quelques années dans la petite propriété familiale de Saint-Mérule… Elle a dans sa jeunesse joyeusement mis à mal son patrimoine, plus encline à profiter de la vie, des amours et des voyages. Mais voilà que le toit de la chère maison tend à péricliter, il prend l’eau ni plus ni moins. Que faire pour le réparer quand on a pas un sou vaillant, et qu’il est tout simplement inconcevable d’alerter et d’enquiquiner son fils unique ?
Les amis de papier, les fidèles de toujours seront là bien sûr… Au fil des conversations, au détour d’une discussion (parfois enflammée) la solution ne tardera pas à surgir, pour le moins surprenante.
« Ce qu’en dit James » est un livre très attachant, pétillant, drôle et tendre tout à la fois. J’aime le portrait que cette écrivaine brosse ainsi d’elle-même, toujours avec humour, sans aucune forfanterie et toujours une certaine légèreté même à l’évocation de choses qui ne le sont point…
C’est amusant, mais j’ai franchement eu l’impression d’entrer dans sa maison, de m’asseoir dans son fauteuil à oreilles et de feuilleter quelques-uns de ses livres. Je crois que j’ai même dû retrouver ses lunettes égarées par Tolstoï sous un coussin et croisé Henry au détour d’une porte. J’ai beaucoup ri avec elle, parfois seulement souri, éprouvé parfois, le regret du temps qui passe trop vite. Mon dieu déjà ?
Mais je sais qu’elle n’aime pas trop les visiteurs à présent qu’elle a atteint - elle ne s’en cache pas je peux le dire - soixante-dix ans… Elle aime surtout son jardin (et Colette doit lui souffler des conseils de bouture de temps à autres), et la compagnie des écrivains qui font parfois sauter des bouchons de champagne dans le salon, la nuit tombée.
« Les livres sont des bouées de sauvetage que seule ma grand-mère avait su me laisser sur le sable »…
Alors certes, par moments, oui Cathulu, je suis d’accord, je me suis un peu assoupie à certaines pages, mais on est si bien chez elle et en sa compagnie…
« Plusieurs fois, je m’entendis chantonner « Un seul couvert, James », une chanson de Jean Sablon que j’avais dans la tête depuis une grande semaine et qui n’était peut-être pas sans rapport avec le départ éventuel de Henry James. »
Je confirme, pour l’avoir entendu chantonner sur cet air oublié et totalement inconnu de moi, je l’avoue :
Comme il est bon de vivre quelques heures en sa compagnie, celle d’Henry James et de tous les autres !
Extrait
Dominique Schneidre se rend, un peu en désespoir de cause chez un voyant indien, dont l’affiche publicitaire était placardée un peu partout chez les commerçants de Saint Mérule :
« Son crâne évoquait irrésistiblement la pomme d’escalier de chez ma grand-mère, et n’était ce regard noir qui me vrillait, je me serais crue retournée là-bas, dans le hall sombre et lointain de mon enfance. Dans quel roman avais-je déjà vu cette tête, ronde, lisse et basanée ? chez Kipling probablement, ce Kipling si cher à ma grand-mère, dont elle parlait comme d’un ami. Etait-elle liée avec Kipling, me demandais-je alors, prenaient-ils ensemble du darjeeling à cinq heures dans sa petite bibliothèque où brillaient quelques lampes aux abat-jour jaunes, comme des champignons qui auraient poussé entre les livres ? Attendaient-ils le coucher du soleil pour boire de l’alcool, selon la tradition de l’armée des Indes ? je n’osais poser la question de peur de rompre le charme. »
Ici l'avis de Cathulu.
Mais qu’en est-il exactement ?
L’auteure s’est retirée depuis quelques années dans la petite propriété familiale de Saint-Mérule… Elle a dans sa jeunesse joyeusement mis à mal son patrimoine, plus encline à profiter de la vie, des amours et des voyages. Mais voilà que le toit de la chère maison tend à péricliter, il prend l’eau ni plus ni moins. Que faire pour le réparer quand on a pas un sou vaillant, et qu’il est tout simplement inconcevable d’alerter et d’enquiquiner son fils unique ?
Les amis de papier, les fidèles de toujours seront là bien sûr… Au fil des conversations, au détour d’une discussion (parfois enflammée) la solution ne tardera pas à surgir, pour le moins surprenante.
« Ce qu’en dit James » est un livre très attachant, pétillant, drôle et tendre tout à la fois. J’aime le portrait que cette écrivaine brosse ainsi d’elle-même, toujours avec humour, sans aucune forfanterie et toujours une certaine légèreté même à l’évocation de choses qui ne le sont point…
C’est amusant, mais j’ai franchement eu l’impression d’entrer dans sa maison, de m’asseoir dans son fauteuil à oreilles et de feuilleter quelques-uns de ses livres. Je crois que j’ai même dû retrouver ses lunettes égarées par Tolstoï sous un coussin et croisé Henry au détour d’une porte. J’ai beaucoup ri avec elle, parfois seulement souri, éprouvé parfois, le regret du temps qui passe trop vite. Mon dieu déjà ?
Mais je sais qu’elle n’aime pas trop les visiteurs à présent qu’elle a atteint - elle ne s’en cache pas je peux le dire - soixante-dix ans… Elle aime surtout son jardin (et Colette doit lui souffler des conseils de bouture de temps à autres), et la compagnie des écrivains qui font parfois sauter des bouchons de champagne dans le salon, la nuit tombée.
« Les livres sont des bouées de sauvetage que seule ma grand-mère avait su me laisser sur le sable »…
Alors certes, par moments, oui Cathulu, je suis d’accord, je me suis un peu assoupie à certaines pages, mais on est si bien chez elle et en sa compagnie…
« Plusieurs fois, je m’entendis chantonner « Un seul couvert, James », une chanson de Jean Sablon que j’avais dans la tête depuis une grande semaine et qui n’était peut-être pas sans rapport avec le départ éventuel de Henry James. »
Je confirme, pour l’avoir entendu chantonner sur cet air oublié et totalement inconnu de moi, je l’avoue :
Extrait
Dominique Schneidre se rend, un peu en désespoir de cause chez un voyant indien, dont l’affiche publicitaire était placardée un peu partout chez les commerçants de Saint Mérule :
« Son crâne évoquait irrésistiblement la pomme d’escalier de chez ma grand-mère, et n’était ce regard noir qui me vrillait, je me serais crue retournée là-bas, dans le hall sombre et lointain de mon enfance. Dans quel roman avais-je déjà vu cette tête, ronde, lisse et basanée ? chez Kipling probablement, ce Kipling si cher à ma grand-mère, dont elle parlait comme d’un ami. Etait-elle liée avec Kipling, me demandais-je alors, prenaient-ils ensemble du darjeeling à cinq heures dans sa petite bibliothèque où brillaient quelques lampes aux abat-jour jaunes, comme des champignons qui auraient poussé entre les livres ? Attendaient-ils le coucher du soleil pour boire de l’alcool, selon la tradition de l’armée des Indes ? je n’osais poser la question de peur de rompre le charme. »
Ici l'avis de Cathulu.


12 commentaires:
Je le veux !!! C'est tout. (Et c'est beaucoup ;o))
Ah oui cuné, je pense que tu vas aimer, même si parfois, il y a (comment dire...) quelques longueurs. Mais ceci mis à part franchement j'ai beaucoup aimé...
Malgré les longueurs, il me fait très envie, je l'ajoute à ma LAL
À lire ton billet cela me fait penser à un autre livre que j'ai lu ;-)))) oui, "La Cadillac blanche de Bernard Pivot"d'ALAIN BEAULIEU un livre québécois (voir http://livresdemalice.canalblog.com/archives/litterature_quebecoise/index.html) il me semble assez dans la même veine convier des écrivains morts et vivant ensemble et de parler de littérature.
Tiens Cathulu en parle aussi ce matin ! Il est donc deux fois noté !!!! Il me tente beaucoup !
Je parie que les longueurs concernent le roi Lear ? :)
En tout cas, si à nous deux , nous ne "vendons" pas ce livre, c'est à désespérer !:D
Ps: ton lien à partir de ta signature ne fonctionne pas, on atterrit dans un endroit étrange...
Noté et renoté!!
Vous nous direz ce que vous en pensez !
Je vais voir chez toi Alice !
C'est tout à fait ça Cathulu !
Ps je t'ai mis un mot chez toi pour le lien... C'est bizarre, chez moi, le lien est tronqué et ne mène nul part...
Ahlalala !!!!!!
Où est ma CB ?
(j'adore la chanson!!!)
N'est pas Clarabel qu'elle est délicieusement désuète cette chanson ?
Moi aussi je le veux, sans hésitation !
Je rêverais de pouvoir passer quelques soirées avec Edith Wharton, Jane Austen, Sebastien Japrisot, Camus ou Balzac, par exemple... j'ajouterais bien Charlotte Brontë mais elle était si farouche qu'il me faudrait d'abord l'apprivoiser lentement. Bref : le thème de ce livre m'enchante. Merci pour cette découverte !
Ah oui, et j'aimerais bien aussi rencontrer dominique Schneidre !!
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