Mon petit mari @ Pascal Bruckner
« Lorsque Léon et Solange entrèrent dans l’église, tout le monde fut frappé par leur différence de taille, bien qu’il portât des talonnettes et se tint droit comme un I. De fait il lui arrivait à peine au-dessus de l’épaule. ».Ces quelques vingt centimètres qui les différencient n’ont vraiment rien que de très bien banal et au tout début de leur histoire, curieusement même attisent les jalousies… En bref, c’est un couple épanoui.
Oui, mais voilà, il arrive parfois que les hommes rétrécissent et ce qui arriva à ce pauvre Léon.
Un mois et demi après la naissance de leur fils aîné, le petit mari constata qu’il nageait dans ses vestes, que ses chaussures ne lui tenaient plus aux pieds. Le verdict ne se fit pas attendre, il avait tout bonnement perdu 39 cm ! Bon an, mal an, la vie poursuit son cours, Léon se refait une garde robe, subit les traitements du docteur Doublevou ( dont d’horribles élongations à faire frémir le plus cruel des bourreaux ) et finalement élargit même sa clientèle (il est ORL).
« On le disait possesseurs de pouvoirs hors du commun. (…) Le fait qu’il ait réduit à la manière d’une sauce augmentait la confiance dans ses aptitudes et certains, le croyant capable de se grandir ou de rétrécir à volonté, le disaient jeteur de sorts, le qualifiaient de « gnome maléfique ». »
Certes mais c’était sans compter sur la naissance de leur deuxième enfant Betty. Une semaine plus tard l’étrange mécanisme se remettait en route. Au bout d’un mois, Léon avait perdu encore 39 cm et n’en mesurait pas plus de 88…. La taille d’un bambin d’un an.
Doublevou se mit à le surnommer « Le cierge » pour sa propension à fondre à vue d’œil, sa femme à le considérer comme son troisième enfant et ses enfants à le considérer comme l’un des leurs.
Mais chose curieuse, les organes génitaux de Léon demeurent identiques, inchangés, ce qui les fait d’ailleurs paraître immenses tant ils sont disproportionnés. Double danger pour Léon, s’y prendre les pieds et surtout procréer, et procréer encore…
Car rebelote à la naissance des jumeaux, Léon n’atteint plus qu’à peine la taille d’un Gi Joe…
C’est alors que Doublevou, dans une soudaine illumination (pile poil à la maternité) lui révèle la cause de cet amoindrissement pour le moins déstabilisant :
« Ces petits naissent à vos dépens. Ils vivent pour vous effacer. Vous ne rétrécissez pas, vous vous rétractez à la façon d’un manche de parapluie ou d’un cou de tortue. »
Eh oui tout est là…
Réduit à la taille d’une quasi souris, Léon va devoir s’organiser pour continuer à vivre, puis survivre dans un monde de plus en plus hostile.
« Les êtres humains, y compris sa chère et tendre, ressemblaient maintenant à des dragons, des tanks, des êtres cuirassés alors que lui se sentait nu, petite virgule de chair que n’importe qui pouvait écrabouiller. Même sa lance d’amour avait disparu dans le cyclone : il ne lui restait au bas du ventre qu’une ponctuation insignifiante. Pourquoi le Grand Horloger l’avait-il désaccordé du reste du monde. »
Tout d’abord, Little Stuart (version Mini Moi), ce pauvre petit Gulliver, se voit finalement réduit à l’état de Robinson, en pagne et hirsute, quémandant la moindre miette de pain, promis à une mort certaine… Mais qui sait ?
Mon petit mari est une fable, un conte, un court divertissement, drôle et bien mené. Certes il y aurait bien une morale derrière tout ça – la Mère mangeuse de mari – double humaine de la mante religieuse célèbre pour sa cruauté. Mais bon, à quoi bon ? Pascal Bruckner s’y est surtout amusé, et nous aussi et c’est ce qui compte, non ?
Oui, mais voilà, il arrive parfois que les hommes rétrécissent et ce qui arriva à ce pauvre Léon.
Un mois et demi après la naissance de leur fils aîné, le petit mari constata qu’il nageait dans ses vestes, que ses chaussures ne lui tenaient plus aux pieds. Le verdict ne se fit pas attendre, il avait tout bonnement perdu 39 cm ! Bon an, mal an, la vie poursuit son cours, Léon se refait une garde robe, subit les traitements du docteur Doublevou ( dont d’horribles élongations à faire frémir le plus cruel des bourreaux ) et finalement élargit même sa clientèle (il est ORL).
« On le disait possesseurs de pouvoirs hors du commun. (…) Le fait qu’il ait réduit à la manière d’une sauce augmentait la confiance dans ses aptitudes et certains, le croyant capable de se grandir ou de rétrécir à volonté, le disaient jeteur de sorts, le qualifiaient de « gnome maléfique ». »
Certes mais c’était sans compter sur la naissance de leur deuxième enfant Betty. Une semaine plus tard l’étrange mécanisme se remettait en route. Au bout d’un mois, Léon avait perdu encore 39 cm et n’en mesurait pas plus de 88…. La taille d’un bambin d’un an.
Doublevou se mit à le surnommer « Le cierge » pour sa propension à fondre à vue d’œil, sa femme à le considérer comme son troisième enfant et ses enfants à le considérer comme l’un des leurs.
Mais chose curieuse, les organes génitaux de Léon demeurent identiques, inchangés, ce qui les fait d’ailleurs paraître immenses tant ils sont disproportionnés. Double danger pour Léon, s’y prendre les pieds et surtout procréer, et procréer encore…
Car rebelote à la naissance des jumeaux, Léon n’atteint plus qu’à peine la taille d’un Gi Joe…
C’est alors que Doublevou, dans une soudaine illumination (pile poil à la maternité) lui révèle la cause de cet amoindrissement pour le moins déstabilisant :
« Ces petits naissent à vos dépens. Ils vivent pour vous effacer. Vous ne rétrécissez pas, vous vous rétractez à la façon d’un manche de parapluie ou d’un cou de tortue. »
Eh oui tout est là…
Réduit à la taille d’une quasi souris, Léon va devoir s’organiser pour continuer à vivre, puis survivre dans un monde de plus en plus hostile.
« Les êtres humains, y compris sa chère et tendre, ressemblaient maintenant à des dragons, des tanks, des êtres cuirassés alors que lui se sentait nu, petite virgule de chair que n’importe qui pouvait écrabouiller. Même sa lance d’amour avait disparu dans le cyclone : il ne lui restait au bas du ventre qu’une ponctuation insignifiante. Pourquoi le Grand Horloger l’avait-il désaccordé du reste du monde. »
Tout d’abord, Little Stuart (version Mini Moi), ce pauvre petit Gulliver, se voit finalement réduit à l’état de Robinson, en pagne et hirsute, quémandant la moindre miette de pain, promis à une mort certaine… Mais qui sait ?
Mon petit mari est une fable, un conte, un court divertissement, drôle et bien mené. Certes il y aurait bien une morale derrière tout ça – la Mère mangeuse de mari – double humaine de la mante religieuse célèbre pour sa cruauté. Mais bon, à quoi bon ? Pascal Bruckner s’y est surtout amusé, et nous aussi et c’est ce qui compte, non ?


10 commentaires:
ah je le note, ca a l'air très bien et amusant : ce qu'il me faut!
Par ce temps froid et pluvieux, mille fois oui Amanda !
brrr
Les fantasmes masculins, bof ! :)
C'est marrant Cathulu, je ne l'ai pas du tout perçu sous cet angle :) -
Euh, Lily, excuse-moi mais n'as-tu pas reconnu toute la trame de "L'Homme qui rétrécit", le merveilleux roman de Richard MATHESON... un chef d'oeuvre poétique, fantastique, horrifique et plein d'humour... Aujourd'hui un "classique" !
Bises & amitié.
Bonjour Douvarc'h :)
Tu as bien raison de le signaler !
Non, je ne connais pas (grave erreur !)
Mais, Bruckner dans son post scriptum le cite (avec Marcel Aymé, swift, Voltaire, Balzac, Lewis Carroll, Fitzgerlad...Etc...). Il aurait pu ajouter L'homme à la cervelle d'or d'ailleurs.Je me suis demandée un moment la raison de ce "PS". Justification de l'auteur ???
Tiens il FAUT que je lise Matheson alors !!! Merci :)
ça me rappelle surtout une comptine, mon dieu quel homme, quel petit homme ! en fait je ne me souviens que du refrain...
Bravo Rose !
Bruckner la cite en exergue :
"Mon père m'a donné un mari,
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme,
Mon Dieu, quel homme, qu'il est petit !
Je l'ai perdu dans mon grand lit,
Mon Dieu, quel homme, quel petit homme,
Je l'ai perdu dans mon grand lit,
Mon Dieu, quel homme, qu'il est petit..."
Chanson française du XVII éme siècle.
Je viens de le lire et vais en faire la critique. Il ne m'a pas vraiment convaincue...
C'est vrai Essel ?
Il m'avait bien amusée, mais j'ai hâte de lire ton billet :)
Belle fin d'après midi :))
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