16 juillet 2008

La fugue @ Valérie Sigward

« Dans sa chambre, il y avait une étagère spéciale où il rangeait ses robots. Un jour, il me les a tous donnés. Sur les murs, il y avait des posters de Jim Morrison et un de Lara Croft. Il écoutait les Doors, Louise Attaque, Nirvana, et The Wall des Pink Floyd qu'il avait piqué aux parents, il le mettait à fond en faisant ses devoirs.
Quand on lui demandait si ça allait, il répondait toujours " très bien ", ce qu'il avait fait de sa journée, il répondait " des trucs ", et si ça marchait à l'école " ouais ".
Il ne piquait jamais dans les magasins alors que, pendant un moment, il était copain avec un mec qui n'arrêtait pas.
Le dimanche, on allait manger chez mamie et c'était clair que c'était son préféré car elle lui caressait les cheveux tout le temps et qu'il se laissait faire.
Avant de sortit avec Marie, il est sorti avec une fille qui s'appelait Annabelle et une autre Sophie.
Personne ne comprend pourquoi il s'est jeté d'un pont. »
Extrait quatrième de couverture.

Livre de « l’après ». Comment vivre avec l’absent, le fantôme de celui qui est parti sans crier gare, tombé d’un pont, comme une pierre au petit matin. Pas évident quand on a quinze ans, et quand tous les jours on voit ses parents vivre et bouger au ralenti, abasourdis, effarés de tant de douleur. Pourquoi ?
Théo a quinze ans, un an s’est passé depuis et s’il a envie de vivre encore envers et contre tout, il ne peut plus là, avec ses parents, dans cette maison morte de l’intérieur. Alors il part, enfin il décide de partir, pas définitivement, non, juste le temps de trouver sa place, la sienne, pas celle du frère de celui qui…
En chemin, il croise Marie, la petite amie de son frère. Les mots vont être enfin dits, la lettre d’adieu du grand frère imaginée à défaut d’avoir jamais été écrite. La colère et l’amour exprimés tout simplement.
« La fugue » est un livre à mon sens époustouflant de justesse. Pas un moment Valérie Sigward ne verse dans le mélo, mais tout en douceur, et avec les mots mêmes de l’adolescence, elle nous fait partager le désarroi, la peine incommensurable de cet adolescent à peine sorti de l’enfance, mais dont la lucidité, la clairvoyance, l’envie de vivre pleinement forcent l’admiration.

Extrait :
Le week end suivant, ils ont repeint le salon, un truc orangé ocre, on aurait dit que le chat avait gerbé ses croquettes sur les murs. Ils étaient radieux.
- Qu’est-ce que tu en penses ? ça égaye non ?
Ils me regardaient plein d’espoir, le rouleau à la main, les cheveux couverts de peinture, lui il en avait plein les lunettes, il faisait pitié. Je n’ai pas eu le cœur de sortir mon histoire de gerbi.
- Ouais c’est chouette, c’est cool même.
Je les ai aidés à finir.
»

Les avis de Clarabel, Laure...

6 commentaires:

Mimienco a dit…

Ce roman a l'air vraiment émouvant et sensible! Je le note!

Anne a dit…

Je l'ai noté depuis un moment, mais dommage la sortie poche se fait attendre...

Clarabel a dit…

Tiens c'est vrai, en rebondissant au propos d'Anne, la sortie poche se fait attendre !
C'est dommage, ce serait un second boost pour ce livre... très, très bien.

Je te conseille aussi "Loin, chez personne".

lily a dit…

Absolument Mimienco :)
Anne et Clarabel, c'est vrai :((, comment se fait -il ???
Je note, Clarabel, je note :) quand je pense que j'ai "Immobile" à Paris, et que je ne l'ai pas emporté...

Laurence a dit…

Bonjour Lily
"époustouflant de justesse", oui c'est exactement ça. Ce roman est à la fois pudique et dérangeant. Un très beau roman. :)

Karine a dit…

Jen ote aussi... ça me semble très émouvant que ce livre et si ça ne sombe pas dans le patho, c'est encore mieux!