Rencontre avec Philippe Djian
Il était grand temps tout de même que je rédige enfin quelques lignes sur cette fameuse rencontre, grand temps que je cesse de garder pour moi et bien jalousement ces instants précieux entre tous… Alors je me jette à l’eau en espérant ne pas trop déformer ce qui s’est dit (émotion oblige , j’ai gribouillé quelques notes qui se sont avérées totalement illisibles par la suite, mais bon).
Commençons par le commencement. L’après-midi, j’étais plutôt sereine, persuadée que j’étais que de toutes les manières, nous serions nombreux, et que perdue dans l’assemblée, je tenterai de poser ma petite question (non préparée, mais rien ne vaut la spontanéité n’est-ce pas ?) et qu’ensuite il me suffirait d’écouter bien sagement.
En arrivant chez Gallimard pas trop en avance (j’avais fait un petit détour par chez Deyrolle), j’ai arpenté la rue Sébastien Bottin quelques minutes, croisé Philippe Sollers, et puis zut, je rentre. Personne dans le hall, tiens si une jeune femme entre en même temps que moi, elle s’assoit sur le canapé d’en face, je me dis qu’elle doit avoir rendez-vous avec un éditeur. Je feuillette le petit dépliant en trois volets sur « Une histoire de la NRF» en pensant à Alice qui doit le lire en ce moment, à ma mère qui m’en a dit le plus grand bien et m’a proposé de me le passer… Je commence à avoir l’estomac noué. Puis Véronique Laury arrive, et je découvre que la grande et jolie jeune femme n’est autre que Zoridae et qu’elle aussi a rendez-vous mais tout comme moi avec Philippe Djian. Ouf, je ne suis plus seule ! je dois dire que j’ai été ravie de rencontrer l’auteur de La sexualité des araignées et de Monsieur Clap, la soirée commence bien.Visite du rez-de-chaussée de la maison, de son magnifique petit jardin clôt de murs (incroyable le silence et le calme qui peuvent y régner…).
Rapidement Philippe Djian arrive. Nous sommes deux blogueurs, une troisième doit arriver... La grève a malheureusement empêché certains participants de se joindre à nous, et finalement, je me dis que ce n’est pas plus mal, égoïstement, je suis même ravie…
Parce qu’immédiatement ce qui aurait pu être une sorte de conférence de presse (ce que j’imaginais en fait) s’est transformé en toute autre chose… en conversation tout simplement ! Alors bien sûr nous avons posé nos questions, mais comme ni Zoridae ni moi, n’avions rien préparé, il s’agissait plutôt de questions qui découlaient tout naturellement des réponses, naturellement oui…
Rencontrer Philippe Djian est tout de même un évènement de taille. L’écrivain n’aime pas trop les médias, s’en méfie peut-être un peu, déteste tout ce qui ressemble de loin ou de près à un Salon du livre (la foule, les admirateurs). Bref un homme qui se fait rare… Sans connaître très bien son « œuvre » (terme qu’il doit détester), j’avais lu tout de même plusieurs de ses romans il y a quelques années (je n’ose pas les compter, les années) et m’étais arrêtée très curieusement à Vers chez les blancs que j’avais beaucoup aimé.
Impardonnables m’avait permis de renouer avec l’univers de Djian (ça je pense aussi qu’il doit détester) et du coup j’ai dévoré dans la foulée et sous les conseils de Thomas, Impuretés (magnifique !).
Je m’imaginais Philippe Djian un peu distant, un peu froid, limite bourru…Rien de plus préconçu et faux, il est souriant, gentil (aucune de mes questions même la plus idiote ne l’a fait sourciller), il prend le temps de vous écouter et de vous répondre avec parfois une pointe d’humour et beaucoup d’humilité.
Bon, je ne vais pas retranscrire les fameuses questions réponses (ce serait avouer la nullité extrême de mes prises de notes) mais juste vous faire part de certains traits de la conversation, un rapide portrait de l’écrivain tel que j’ai pu le deviner au cours de cette heure et demie.
Commençons par le commencement. L’après-midi, j’étais plutôt sereine, persuadée que j’étais que de toutes les manières, nous serions nombreux, et que perdue dans l’assemblée, je tenterai de poser ma petite question (non préparée, mais rien ne vaut la spontanéité n’est-ce pas ?) et qu’ensuite il me suffirait d’écouter bien sagement.
En arrivant chez Gallimard pas trop en avance (j’avais fait un petit détour par chez Deyrolle), j’ai arpenté la rue Sébastien Bottin quelques minutes, croisé Philippe Sollers, et puis zut, je rentre. Personne dans le hall, tiens si une jeune femme entre en même temps que moi, elle s’assoit sur le canapé d’en face, je me dis qu’elle doit avoir rendez-vous avec un éditeur. Je feuillette le petit dépliant en trois volets sur « Une histoire de la NRF» en pensant à Alice qui doit le lire en ce moment, à ma mère qui m’en a dit le plus grand bien et m’a proposé de me le passer… Je commence à avoir l’estomac noué. Puis Véronique Laury arrive, et je découvre que la grande et jolie jeune femme n’est autre que Zoridae et qu’elle aussi a rendez-vous mais tout comme moi avec Philippe Djian. Ouf, je ne suis plus seule ! je dois dire que j’ai été ravie de rencontrer l’auteur de La sexualité des araignées et de Monsieur Clap, la soirée commence bien.Visite du rez-de-chaussée de la maison, de son magnifique petit jardin clôt de murs (incroyable le silence et le calme qui peuvent y régner…).
Rapidement Philippe Djian arrive. Nous sommes deux blogueurs, une troisième doit arriver... La grève a malheureusement empêché certains participants de se joindre à nous, et finalement, je me dis que ce n’est pas plus mal, égoïstement, je suis même ravie…
Parce qu’immédiatement ce qui aurait pu être une sorte de conférence de presse (ce que j’imaginais en fait) s’est transformé en toute autre chose… en conversation tout simplement ! Alors bien sûr nous avons posé nos questions, mais comme ni Zoridae ni moi, n’avions rien préparé, il s’agissait plutôt de questions qui découlaient tout naturellement des réponses, naturellement oui…
Rencontrer Philippe Djian est tout de même un évènement de taille. L’écrivain n’aime pas trop les médias, s’en méfie peut-être un peu, déteste tout ce qui ressemble de loin ou de près à un Salon du livre (la foule, les admirateurs). Bref un homme qui se fait rare… Sans connaître très bien son « œuvre » (terme qu’il doit détester), j’avais lu tout de même plusieurs de ses romans il y a quelques années (je n’ose pas les compter, les années) et m’étais arrêtée très curieusement à Vers chez les blancs que j’avais beaucoup aimé.
Impardonnables m’avait permis de renouer avec l’univers de Djian (ça je pense aussi qu’il doit détester) et du coup j’ai dévoré dans la foulée et sous les conseils de Thomas, Impuretés (magnifique !).
Je m’imaginais Philippe Djian un peu distant, un peu froid, limite bourru…Rien de plus préconçu et faux, il est souriant, gentil (aucune de mes questions même la plus idiote ne l’a fait sourciller), il prend le temps de vous écouter et de vous répondre avec parfois une pointe d’humour et beaucoup d’humilité.
Bon, je ne vais pas retranscrire les fameuses questions réponses (ce serait avouer la nullité extrême de mes prises de notes) mais juste vous faire part de certains traits de la conversation, un rapide portrait de l’écrivain tel que j’ai pu le deviner au cours de cette heure et demie.
Un écrivain musicien (ça ne veut rien dire mais je me comprends).
Ce qui compte avant tout, quand il écrit, c’est la résonance des mots au creux de son oreille, c’est la justesse du style et des mots. Il se doit avant tout de « tenir la note » comme en harmonie avec un diapason.
Harmonie, diapason, notes (de musique)… Le style bien sûr et l’harmonie des mots qui s’assemblent. « Quand j’écris, j’entends tout… ». Alors oui, le style avant toute chose, parce qu’en lui il porte tout, comme la musique qui ne s’adresse pas à l’intelligence mais aux tréfonds de nous-mêmes, aux sentiments enfouis, les plus importants.
C’est l’écriture qui induit l’histoire et non l’inverse, de la note initiale et de l’harmonie qu’elle sous-tend découlera ensuite tout le roman. Comme un tricot, nous dit Philippe Djian, il commence à tricoter les premières mailles et on ne sait jamais très bien ce qui en sortira (pull, chaussettes), - quand je dis ça, nous dit-il avec un éclair amusé dans les yeux, généralement il y a un grand silence... Pour ma part j’adore cette image, elle rivalise même pas mal avec le pot au feu de Françoise, enfin de Proust…
C’est par leur style que certains grands écrivains américains ont véritablement marqué Djian, l’homme et l’écrivain. C’est par les livres de Fante, Carver, Miller (entre autres), qu’il a appris à vivre tout simplement… Et le terme n’est pas trop fort.
En lisant Carver, « J’ai l’impression de marcher avec lui », nous confie-t-il…
Ecrire pour Philippe Djian c’est peut-être avant tout l’envie de donner à son tour tout ce que lui-même a reçu de ces auteurs, grâce à leur style, grâce à leur langue. Redonner ce que lui-même a reçu avec la même force, la même passion.
Dans une phrase, nous dit-il, il faut mettre toute la vibration du monde… De notre monde.
Djian ne peut écrire que sur notre monde, le concret, le contemporain, ce qui l’entoure, ce qu’il connaît… Et indubitablement au fur et à mesure que le monde change autour de lui, son style, son écriture change, l’un déteint sur l’autre, comme en un rapport organique, étroitement et inéluctablement lié…
Alors bien sûr, une fois que la note est posée, il y a l’histoire. Bien sûr… Mais elle lui vient en même temps que les mots. Pas de plan, pas de notes préalables. En fait, elle est déjà en lui :
« L’histoire existe déjà et je dois la retrouver. »
Alors tous les matins, il s’installe à son bureau (qu’il partageait un temps avec sa femme, peintre, mais ça devenait trop décourageant, nous confie-t-il avec une pointe d’humour et pas mal d’admiration. Au bout de quelques heures, elle avait devant elle un résultat bien tangible, harmonieux, tandis que lui de simples mots alignés sur une feuille blanche, une partition pour le moment uniquement audible par lui seul). Philippe Djian donc, s’installe à son bureau (en fond sonore un peu de musique, classique un temps, plus électro à présent) et il s’astreint à écrire une page de l’histoire qui l’habite et qu’il doit retrouver. Une page, pas plus, mais les mots justes, harmonieux. Une page qu’il ne retouchera ensuite plus du tout (sinon il est impossible d’avancer)… « Le but de la journée, c’est de finir la phrase. »
Autrefois, avant les traitements de texte et l’ordinateur, il retranscrivait d’un trait la page qu’il avait mis des heures à composer mentalement, la tapant sans marge et avec l’interligne la plus étroite possible pour qu’il ne lui soit plus possible ensuite d’y apporter des modifications. On imagine des manuscrits denses et serrés…
Finir la page, et passer à la suite… Composer, aller de l’avant.
Quand je lui ai demandé, si comme à l’image de certains de ces personnages, il craignait l’angoisse de la page blanche, ou de plus pouvoir écrire, il m’a répondu que non, décidément le problème n’était pas là. La page blanche, non, mais perdre l’envie d’écrire… Si l’envie d’écrire un jour le déserte, peut-être finalement se tournera-t- il définitivement vers l’écriture de chansons. « C’est dur d’écrire… ». La différence entre un chanteur (comme Stéphan Eicher qu’il connaît bien et pour cause) et un écrivain, c’est que le second ne connaîtra jamais l’enthousiasme, la cohésion, la communion immédiate qui relie le chanteur à son public. Rien n’est plus magique que d’entendre toute une salle répéter, chanter ensemble vos propres mots… L’écrivain est seul quand son livre sort, il a déjà peut-être commencé le suivant…
Solitaire…
Au fait, l’écrivain est-il triste de quitter ses personnages en achevant un roman ? Non, décidément non… Parce que bien souvent il s’est déjà remis à l’écriture du suivant. Et puis vous savez quoi ? Et bien nombre de ses personnages réapparaissent dans le livre suivant, parfois un homme devient une femme ou inversement (bon bien sûr il est le seul à le savoir, mais qu’importe…).
Et puis de toute façon, l’ensemble de ses romans forme un TOUT, une entité, ils sont issus de la même matière. Aborder les mêmes thèmes peut-être mais changer d’axe.
Et dans une phrase mettre toute la vibration du monde.
Philippe Djian ne visite pas beaucoup les blogs littéraires, il s’y perd un peu nous dit-il… Mais il m’a promis de rendre une petite visite à Thomas, et je sais qu’il tiendra parole.
Je suis sûre qu’ils devraient s’entendre à merveille tous les deux...
Alors bien sûr, une fois que la note est posée, il y a l’histoire. Bien sûr… Mais elle lui vient en même temps que les mots. Pas de plan, pas de notes préalables. En fait, elle est déjà en lui :
« L’histoire existe déjà et je dois la retrouver. »
Alors tous les matins, il s’installe à son bureau (qu’il partageait un temps avec sa femme, peintre, mais ça devenait trop décourageant, nous confie-t-il avec une pointe d’humour et pas mal d’admiration. Au bout de quelques heures, elle avait devant elle un résultat bien tangible, harmonieux, tandis que lui de simples mots alignés sur une feuille blanche, une partition pour le moment uniquement audible par lui seul). Philippe Djian donc, s’installe à son bureau (en fond sonore un peu de musique, classique un temps, plus électro à présent) et il s’astreint à écrire une page de l’histoire qui l’habite et qu’il doit retrouver. Une page, pas plus, mais les mots justes, harmonieux. Une page qu’il ne retouchera ensuite plus du tout (sinon il est impossible d’avancer)… « Le but de la journée, c’est de finir la phrase. »
Autrefois, avant les traitements de texte et l’ordinateur, il retranscrivait d’un trait la page qu’il avait mis des heures à composer mentalement, la tapant sans marge et avec l’interligne la plus étroite possible pour qu’il ne lui soit plus possible ensuite d’y apporter des modifications. On imagine des manuscrits denses et serrés…
Finir la page, et passer à la suite… Composer, aller de l’avant.
Quand je lui ai demandé, si comme à l’image de certains de ces personnages, il craignait l’angoisse de la page blanche, ou de plus pouvoir écrire, il m’a répondu que non, décidément le problème n’était pas là. La page blanche, non, mais perdre l’envie d’écrire… Si l’envie d’écrire un jour le déserte, peut-être finalement se tournera-t- il définitivement vers l’écriture de chansons. « C’est dur d’écrire… ». La différence entre un chanteur (comme Stéphan Eicher qu’il connaît bien et pour cause) et un écrivain, c’est que le second ne connaîtra jamais l’enthousiasme, la cohésion, la communion immédiate qui relie le chanteur à son public. Rien n’est plus magique que d’entendre toute une salle répéter, chanter ensemble vos propres mots… L’écrivain est seul quand son livre sort, il a déjà peut-être commencé le suivant…
Solitaire…
Au fait, l’écrivain est-il triste de quitter ses personnages en achevant un roman ? Non, décidément non… Parce que bien souvent il s’est déjà remis à l’écriture du suivant. Et puis vous savez quoi ? Et bien nombre de ses personnages réapparaissent dans le livre suivant, parfois un homme devient une femme ou inversement (bon bien sûr il est le seul à le savoir, mais qu’importe…).
Et puis de toute façon, l’ensemble de ses romans forme un TOUT, une entité, ils sont issus de la même matière. Aborder les mêmes thèmes peut-être mais changer d’axe.
Et dans une phrase mettre toute la vibration du monde.
Philippe Djian ne visite pas beaucoup les blogs littéraires, il s’y perd un peu nous dit-il… Mais il m’a promis de rendre une petite visite à Thomas, et je sais qu’il tiendra parole.
Je suis sûre qu’ils devraient s’entendre à merveille tous les deux...
Un immense merci à Philippe Djian pour sa gentillesse et sa générosité , à la maison Gallimard pour son accueil si chaleureux et à Véronique Laury (of course…).
PS. Cette photo, je la dédie à Thomas, il la connaît déjà, je l'ai prise au moment où Philippe Djian lui dédicaçait "Impuretés"...
ICI, le magnifique billet de Zoridae, très joliment intitulé "L' homme qui écrivait" .

21 commentaires:
Merci de ce compte-rendu tout en sensibilité. Moi aussi j'aime beaucoup sa comparaison avec le tricot. Je me souviens l'avoir entendu dire à une émission de télé "tu crois tricoter une chaussette, tu te retournes et tu vois que c'est une écharpe".
(bon. Est-ce que ça se voit que je suis envieuse et jalouse devant une telle rencontre ? :-) )
Quelle chance, ça a dû être un moment mémorable. J'aurais voulu y être, en souris (toute petite et muette), j'aime beaucoup l'entendre parler de son oeuvre, de son écriture et je suis retournée à ses livres il y a peu avec un grand bonheur.
Quel beau moment en effet ! Ah ! si j'avais été là j'aurai évoqué mon écrivain préféré Jacques Poulain;-) Il cite Djan d'ailleurs dans la tournée d'automne entre autre me semble t-il !. Ceux sont deux écrivains identiques qui fuient les salons et les mondanités.
C'est encore moi je lis plus en détail ton billet. Tu dis :
"Un écrivain musicien (ça ne veut rien dire mais je me comprends)" Et bien si cela a un sens et cela veux dire quelque chose. Moi qui est un peu de notion concernant la musique je comprends tout à fait. Le travail d'un écrivain et même assez proche de celui d'un musicien.En plus il écrit des chansons donc les mots doivent sonnés, être en harmonie avec la musique. "ce serait avouer la nullité extrême de mes prises de notes
"Encore une fois, je te rassure tu prends très bien des notes. Il est exact aussi et c'est même là que le travail de l'écrivain que l'on nomme écriture est intéressant. Quand c'est l'écriture la magie de l'écriture qui nous guide vers une histoire. C'est dans ce sens sinon cela serait pas du tout harmonieux ! Fante, Carver, oui je savais plus ou moins que c'était les références de Djan. Un auteur que je dois ma fois découvrir un jour ;-)
Merci beaucoup d'avoir pris le temps pour nous retranscrire avec brio cette rencontre avec Djian.
En ce qui me concerne, un quasi tête à tête avec un auteur, j'aurais été tétanisé...
Quelle chance tu as d'avoir croisé Philippe Sollers !
(désolé, c'est plus fort que moi, l'émotion me rend bête)
Très joli texte, et je ne dis pas ça parce que tu as battu tous les records en m'y citant trois fois. Tant mieux si tu penses que ça le hérisserait qu'on parle à son sujet d'oeuvre, d'univers... tant mieux parce que je le fais tout le temps et n'en ai même pas honte, tant mieux parce qu'après tant de livres et tant de succès il serait tout à son honneur de faire preuve d'une telle humilité.
J'aime beaucoup ce qu'il dit à propos de Carver. C'est l'impression que lui-même me fait (Djian, pas Carver). Sauf que je n'ai pas la sensation de marcher avec lui, plutôt d'être assis à discuter sur une terrasse, par une nuit d'été, avec des moustiques qui tourbillonnent autour des lampes. En fait c'est dans ces conditions (idéales) que j'ai lu mon tous premier livre de Djian (à l'époque j'ignorais qu'une telle scène existait dans 37°2, enfin je crois que c'est dans celui-là), et c'est une sensation que la musicalité de ses mots fait souvent ressurgir. Moi qui suis extrêmement sensible aux parfums, aux atmosphères, je suis souvent plongé dans une certaine "contemplation mentale" lorsque je lis un livre de Philippe Djian. Je crois d'ailleurs que si j'avais eu une seule question à lui poser, ç'aurait été celle-ci : "Vous définiriez-vous comme quelqu'un de contemplatif ?"...
Pagesapages :)). J'y serais allée aussi bien morte que vive :)
Ys,tu as raison, il parle très très bien (et ce n'est pas si évident) de ses livres, de son travail d'écriture, c'est un vai bonheur de l'écouter !
Malice, Ah ! je ne me souvenais pas que Jacques Poulain (que j'ai découvert d'ailleurs grâce à toi !) le citait dans La tournée d'automne. Effectivement c'était une bonne question, j'aurais aimé la lui poser.. Est-ce qu'ils se connaissent (pas impossible ...)
Tu as raison Alice, pour "l'écrivain musicien", mais j'avais un peu peur que "plaquée" comme ça l'image ne paraisse un peu violente :)
Ceci dit je le voyais aussi comme un "peintre écrivain", l'idée de faire un tout, une entité harmonieuse, un texte qui se tienne, chaque élément profondément relié avec le précédent. Mais définitivement musicien lui convient mieux !
ICB, si j'avais imaginé que nous aurions été si peu nombreux j'aurais totalement paniqué par avance itou :)
N'est-ce pas Thomas :)), ah j'étais sûre que qq réagirait à cette petite note-là :) (Sollers of course)
On s'est salués très gentiment :)
je ne t'ai cité que trois fois ? (alors j'ai dû rayer une fois :)
Non, mais très sérieusement, quant à évoquer assez précisément cette rencontre, je ne pouvais pas passer LE moment sur les blogs qui a essentiellement tourné autour de toi (Zoridae pourra le confirmer !)
Je t'imagine très bien discutant un jour ou l'autre avec Djian, un soir d'été, dans une nuée de moustiques. si si vraiment ! :) Vous auriez certainement beaucoup de choses à vous dire... j'ai regretté d'être totalement inculte côté musique (entre autres) parce qu'il aurait été intéressant de l'interroger plus spécialement sur le style de musique qu'il écoute en écrivant (il a parlé d'éléctro (j'espère que le terme est juste) mais je n'ai pas pu relever...
Bref, Thomas, il faut que tu trouves un moyen pour l'interroger à ton tour..
Quel joli billet ! Et comme je suis jalouse ! Djian a été mon idole pendant des années, je lui dois de m'avoir ouvert la porte vers la littérature américaine. c'est quelqu'un que je respecte énormément même si je me suis un peu éloignée de sa littérature...mais du coup tu me donnes très envie e lire les deux derniers :-)
Je ne l'ai jamais lu, curieusement. On sent des craintes dans ton récit, mais aussi de l'admiration et de la joie !! J'aime de plus en plus rencontrer les auteurs !! Mais il est bien difficile de parler...ouh là là.
Joli billet qui permet de connaître un tout petit peu l'auteur que je n'ai pas encore lu.....ça ne saurait tardé : je note encore !!!
Lily,
Ton billet est excellent, très agréable à lire... Je me suis crue de retour chez Gallimard, quelques soirées en arrière !
Je l'ai parcouru juste avant de programmer le mien (ça y est, il est en ligne !) et je me suis amusée de voir qu'avant la rencontre nous avions les mêmes pensées. Puis, certaines choses nous ont frappées, comme cette phrase magnifique "Quand j'écris, j'entends tout"...
Merci pour toutes les gentilles choses que tu dis à mon sujet, tu es adorable !
Au plaisir de te croiser de nouveau !
Papillon, Je ne peux que t'inciter à lire ses derniers romans, tu verras, "l'addiction" à Djian reprend très vite ;))
Antigone, oui c'est vraiment un bonheur de pouvoir discuter avec des auteurs que l'on aime, mais parfois, force est d'avouer que le courant passe ou pas.. Lors de cette rencontre (que je prévoyais comme allant être très "intimidante", nous nous sommes curieusement senties très à l'aise... Sans doute parce que l'auteur a su d'emblée donner le ton.)
Hambreelie, à l'occasion, chez Dialogues, tu devrais pouvoir dénicher l'un ou l'autre de ses romans:) (au fait j'y vais tous les étés, peut-être qu'une fois nous pourrions nous y croiser :)
Zoridae, je viens de lire ton billet, il est tout simplement MAGNIFIQUE !!! Je m'empresse de le rajouter en lien !
Et dire que je ne l'ai encore jamais lu, étant pourtant grand admirateur de la musique de Stefan Eicher et des textes de Djian...
Cette rencontre va me faire passer le pas... et me laisser emporter dans ces histoires "qui existent déjà" pour entendre la musique de mots de Djian...
Je n'ai vraiment pas idée de ce qu'il peut bien écouter comme musique... il évoque souvent dans ses livres pas mal de rock 70's, si ma mémoire est bonne... mais j'ai l'impression qu'il le fait moins souvent dans les derniers...
Discussion tournant autour de moi ?? Eh les filles, je voudrais pas être taquin, mais vous avez l'occasion de causer tranquillement avec un des plus grands écrivains français vivant et vous parlez de... moi ? :-D
- Philippe, si vous passez par ici... sur Le Golb ce mois-ci on organise un référendum des meilleures séries de la décennie, vous ne pouvez pas ne pas participer, ce serait une quasi faute professionnelle -
(bah quoi, je fais ma promo, apparemment l'article est prévu pour :)
Bon je crois que tout a été dit dans les com' précédents!
Je te remercie encore: grâce à toi ce Monsieur pris place dans ma bibliothèque la semaine dernière;-)
Merci Lily, tu me fais plaisir...
Pour les musiques que Philippe Djian écoute, il cite une petite liste dans le chat qu'il a fait sur L'Express.fr... J'ai découvert Alela Diane grâce à lui et j'adore !
Pour la musique, je me souviens d'un de ses personnages priant "tout mais pas Supertramp!"
Sinon, j'arrive de chez Zoridae et je ferais le même commentaire, quel billet et quelle chance vous avez eu!
("L’histoire existe déjà et je dois la retrouver", si c'est pas un concentré du bonhomme ça ?)
Je connais très peu Djian mais j'aime le découvrir à travers ton compte-rendu !
j'arrive enfin pour dire aussi combien c'est agréable en effet de lire ces billets de rencontre pleins d'émotions.
Pour ce qui est de la musique, j'ai retenu animals collective, pour l'instant, mais j'ai noté alela Diane...
merci lily.
Bonjour Lily,
comme les autres, je te remercie pour ce compte-rendu très instructif. Un petit détail simplement me fait sursauter voire me faire sourire c'est le fait qu'il affirme détester les médias. Pardon, mais là, il faut remettre les choses en contexte : il est l'un des auteurs les plus médiatisés, invité sur toutes les chaînes, en interview dans tous les magazines et journaux, des plus connus aux plus confidentiels. Quant à la promo d'Impardonnables sur le Net ainsi que cette rencontre avec les "blogueuses", si c'est pas de la com' tout ça...
N'y voit rien de malveillant contre toi Lily, mais il y a des choses qui ne passent pas.
Très belle journée,
L'Arpenteur et Pipobanjo, bienvenue et merci de votre passage :)
Anne, je suis ravie que le livre soit bien arrivé, bonne lecture :)
Sylvie, oui Animals collective, que je découvre aussi.. (inculte que je suis :)
Anne-Sophie, juste un petit rectificatif : Djian n'a pas affirmé détester les médias, quand je dis "il n'aime pas trop les médias", je veux dire par là que ce n'est peut-être pas ce qu'il préfère le plus au monde, et où il est le plus à l'aise, mais ce n'est que ma vision des choses, et je ne pense pas avoir tort, vraiment, surtout après l'avoir rencontré... En revanche, assurément, oui il se sert des médias, mais comme tous les écrivains (et c'est bien normal, il a envie que les lecteurs lisent son livres !), mais je n'ai pas l'impression que ce soit vraiment sa "cup of tea"... Maintenant qu'il soit invité par tous les médias quasiment me semble on ne peut plus normal, étant donné sa notoriété.
Bien sûr, la rencontre avec des blogueurs était une opération de comm (cela me semble logique), mais il avait demandé à ce qu'elle se passe en petit comité (donc pas de grande ampleur...), ce que je trouve plutôt sympathique.
Voilà, c'était juste un petit rectificatif, mon texte pouvait prêter à confusion, merci Anne-sophie en tous cas de ta remarque très pertinente, qui me permet d'éclaircir et de justifier un peu mes propos...
Thomas, comment voulais-tu que je ne parle pas du golb alors qu'il est l'un des seuls à parler aussi souvent et aussi justement (et sans complaisance' des livres de philippe Djian !
Alala, je suis nulle aussi en séries télé (à part Docteur House - et encore je le loupe souvent :)
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