Le garçon en pyjama rayé @ John Boyne
Quand un jour Bruno rentre de l'école, c'est pour découvrir, un peu effaré, la bonne de la maison ranger méticuleusement toutes les affaires de son armoire (y compris celles qu'il cachait secrètement tout au fond) dans de grandes caisses en carton... La surprise et le désenchantement, eh oui, ils allaient bien tous déménager, quitter leur belle maison de Berlin, pour un lieu inconnu, éloigné, un certain "Hoche-Vite" .Son père, pour qui le "Fourreur" nourrit de grandes ambitions, doit y prendre très prochainement de nouvelles fonctions, il n'y a pas matière à discuter... Et pourtant Bruno tente de convaincre sa mère, et même son père, et dieu sait qu'il est pourtant bien souvent inaccessible, la plupart du temps enfermé dans le grand bureau interdit aux enfants, éternellement sanglé dans son uniforme, impeccable.
C'est pour le travail de ton père, c'est un travail très important, dit Mère qui ajoute alors en hésitant un peu, "un travail qui requiert un homme exceptionnel."
De ce travail, Bruno se sait pas grand chose, à vrai dire même strictement rien, il y a bien l'uniforme et les soldats qui claquent des talons en le croisant... Sinon, le flou complet.
Quand ils arrivent à Hoche-Vite, la déception augmente d'un cran. La maison est lugubre, comme plantée au milieu de nulle part. Un endroit désolé, sans voisin, sans enfant avec qui jouer, le drame pour un petit garçon de neuf ans...
Mais de la fenêtre de sa chambre il aperçoit, à son grand étonnement, une barrière qui clôture le bout de leur jardin, mais pas une barrière comme les autres, non, une très haute clôture métallique, plus haute que leur maison, toute hérissée de fils de fer barbelés. De l'autre côté, un sol aride, sans aucune végétation et des baraquements allongés et bas. Plus loin, de grands nuages de fumée. Et puis les gens, une multitude de gens, tous vêtus de la même façon, d'étranges pyjamas rayés assortis d'un calot. Et des enfants aussi, tous habillés du même uniforme.
"C'est incroyable" murmure Bruno...
Mais qui sont tout ces gens, que font-ils là ? Quand il pose la question à son père, un soir où la colère et l'irritation le poussent à sortir un peu plus que d'habitude de sa réserve, ce dernier lui répond :
"Ces gens... ce ne sont pas des gens, Bruno.".
Et puis un jour, alors que le jeune garçon a décidé, contrairement aux recommandations de ses parents, d'explorer un peu plus avant le parc de la propriété, il découvre en longeant la clôture du domaine interdit, un garçon de son âge qui s'avance vers lui. C'est ainsi que commence une étrange amitié entre deux enfants, que sépare une terrible grille. Désormais, Bruno s'y rendra aussi souvent que possible, dès que le temps le permet et souvent plusieurs fois par semaine. Son ami l'attendra toujours, au même endroit. Pendant plus d'une année...
Cette histoire est une "fable", précise l'auteur, à destination des enfants à partir de 12 ans. Rien de l'horreur des camps de concentration n'est évoqué, mais tout est suggéré, à petits traits, par petites touches. Beaucoup de non-dits qui n'en deviennent que plus effrayants, tandis que les pièces du puzzle s'assemblent peu à peu...
Un livre coup de poing, dont la fin tombe comme un couperet.
C'est pour le travail de ton père, c'est un travail très important, dit Mère qui ajoute alors en hésitant un peu, "un travail qui requiert un homme exceptionnel."
De ce travail, Bruno se sait pas grand chose, à vrai dire même strictement rien, il y a bien l'uniforme et les soldats qui claquent des talons en le croisant... Sinon, le flou complet.
Quand ils arrivent à Hoche-Vite, la déception augmente d'un cran. La maison est lugubre, comme plantée au milieu de nulle part. Un endroit désolé, sans voisin, sans enfant avec qui jouer, le drame pour un petit garçon de neuf ans...
Mais de la fenêtre de sa chambre il aperçoit, à son grand étonnement, une barrière qui clôture le bout de leur jardin, mais pas une barrière comme les autres, non, une très haute clôture métallique, plus haute que leur maison, toute hérissée de fils de fer barbelés. De l'autre côté, un sol aride, sans aucune végétation et des baraquements allongés et bas. Plus loin, de grands nuages de fumée. Et puis les gens, une multitude de gens, tous vêtus de la même façon, d'étranges pyjamas rayés assortis d'un calot. Et des enfants aussi, tous habillés du même uniforme.
"C'est incroyable" murmure Bruno...
Mais qui sont tout ces gens, que font-ils là ? Quand il pose la question à son père, un soir où la colère et l'irritation le poussent à sortir un peu plus que d'habitude de sa réserve, ce dernier lui répond :
"Ces gens... ce ne sont pas des gens, Bruno.".
Et puis un jour, alors que le jeune garçon a décidé, contrairement aux recommandations de ses parents, d'explorer un peu plus avant le parc de la propriété, il découvre en longeant la clôture du domaine interdit, un garçon de son âge qui s'avance vers lui. C'est ainsi que commence une étrange amitié entre deux enfants, que sépare une terrible grille. Désormais, Bruno s'y rendra aussi souvent que possible, dès que le temps le permet et souvent plusieurs fois par semaine. Son ami l'attendra toujours, au même endroit. Pendant plus d'une année...
Cette histoire est une "fable", précise l'auteur, à destination des enfants à partir de 12 ans. Rien de l'horreur des camps de concentration n'est évoqué, mais tout est suggéré, à petits traits, par petites touches. Beaucoup de non-dits qui n'en deviennent que plus effrayants, tandis que les pièces du puzzle s'assemblent peu à peu...
Un livre coup de poing, dont la fin tombe comme un couperet.
7 commentaires:
Ce livre est le second billet de mon blog (ici : http://yspaddaden.wordpress.com/2008/02/21/legarconenpyjamaraye-johnboyne/). On l'a tous lu à la maison et il a déclenché certaines discussions surtout autour du fait de savoir si ce petit garçon pouvait être si naïf, s'il pouvait vraiment ne pas comprendre ce qui se passait sous sa fenêtre. A mon avis, non.
J'aimerais le lire,je me souviens de critiques élogieuses sur le blog Citrouilles. Cette pseudo-naïveté me rappelle celle du film La Vie est belle.
Oui je l'ai lu et j'avais apprécié mais j'ai préféré "Le Chagrin du Roi Mort". Par contre, je le verrai bien en film "Le garçon en pyjama rayé".
Ys, c'est effectivement la question que je me suis posée moi aussi à la lecture de ce livre... J'avoue avoir même été un peu agacée, et puis finalement, non... Le registre adopté par l'auteur est bien celui de la "fable" et non de la réalité et donc du vraisemblable. Je pense qu'on adhère ou pas... Mais force est d'avouer qu'il amène son jeune lecteur, pas à pas, à découvrir par lui-même et par petite touche l'immensité de l'horreur, comme s'il la découvrait, lui aussi..
Mais je comprends tout à fait tes réticences (j'ai en fait changé d'avis vers la fin, seulement, du livre.)
Mirontaine, oui, tu as raison, il y a de cela ! et d'ailleurs La vie est belle, a soulevé les mêmes interrogations.
Hambreelie, je verrais bien le film aussi, à present que j'ai lu le livre :) Pourquoi pas ?
J'ai vu le film. Je ne savais pas qu'il était l'adaptation d'un livre...comme tu dis, un coup de poing.
La question de Ys, je ne me la suis pas posée...au départ, il ne comprend pas. Comment un enfant de cet âge peut-il imaginer l'horreur? Les adultes eux -mêmes ne l'imaginaient pas, diront-ils.
C'est son papa qui est le commandant de cette drôle de ferme où les paysans restent en pyjama. Peu-il imaginer que son papa ferait du mal à son ami...à un enfant?
Notre regard est déformé parce que nous savons mais à cette époque, en était-il de même pour les enfants à qui l'on cachait beaucoup de choses...pour les protéger...j'en doute...
Jamais je n'ai vu le camp d'extermination sous cet angle car tous ces bourreaux avaient des enfants...comprenaient-ils? savaient-ils ce que leur gentil papa faisait aux autres enfants?
Rien que d'y penser, ce livre me remue encore... A lire absolument !
Un livre poignant, atroce et sublime à la fois... un de ceux qui restent en mémoire (et c'est le but)
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