The Hapless Child @ Edward Gorey
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« For some reason my mission in life is to make everybody as uneasy as possible because that's what the world is like. » déclare Edward Gorey (*)
« The happless child » fait partie de ces livres dérangeants, totalement désespérés, écrits et illustrés par l'auteur des Gashlycrumb Tinies...
L'histoire, dont la fillette Charlotte Sophia est l'héroïne, commençait pourtant particulièrement bien, volontairement très bien même, des parents aimants, un environnement serein et calme, protégé, aisé, à l'abri de tout, jusqu'à ce que le début du cycle infernal, la ronde des malheurs ne commence...
Le père, militaire est envoyé en Afrique, il y meurt. La mère, désespérée, se laisse mourir à son tour laissant sa fille, seule (le seul oncle qui aurait pu s'occuper d'elle, meurt, par le plus sinistre des hasards, victime de la chute d'une pierre reçue en plein crâne)... Un malheur n'arrive jamais seul, et même s'auto-génère en quelque sorte... La gamine est placée dans un orphelinat où elle est malmenée, elle, mais aussi sa poupée, tout ce qui lui reste en lui somme.
Elle décide de s'enfuir, mais le mal rôde... Enlevée par un homme sans vergogne qui la revend tout aussitôt à un autre, elle se retrouve emprisonnée dans une cave à confectionner des fleurs en papier. Elle perd peu à peu la vue et bien plus encore...
Pendant ce temps, son père, qui en fait n'est pas mort du tout - ultime et terrible ironie (on a envie de dire, tout ça pour ça...) revient au pays où il recherche inlassablement sa fille.
Chute et dénouement de l'histoire, ils finissent par se croiser, la fillette ayant pu s'échapper, mais son père, au volant de son véhicule la renverse et la tue.
Le pire est advenu ? Pas vraiment... Car voici la conclusion de cette sinistre histoire :
« She was so changed, he dit not recognize her. »
Il ne l'a même pas reconnue...
De mal en pis, jusqu'en enfer...
Ce petit livre a fait couler beaucoup d'encre, provoqué sans doute beaucoup d'émoi , chacun y allant de sa propre interprétation, interprétation que l'on peut se figurer plus ou moins tarabiscotée et qui finalement ne ramène qu'à l'être même du lecteur dans toute sa perplexité, ses angoisses, doutes ou cauchemars... Nous mêmes, quoi ....
Et l'auteur de sourire, un chouia goguenard...
« « I generally feel that what you see is what you get, but all those who want to read something into it, poor bunnies, then they can. Half the time, I think, Oh dear, this drawing doe
*Propos rapportés par Alexander Theroux dans son lumineux opuscule dédié à son ami et voisin Gorey...
Et ci-dessous l'album en images, dans son intégralité et en musique :
A Suivre....











