05 février 2010

La commissaire n'aime point les vers @ Georges Flipo

Quand une affaire « littéraire » se présente à la 3éme DPJ, la commissaire ( « Viviane tenait beaucoup à ce la et se moquait des bons usages ») est bien prête à en perdre son latin. La poésie est loin d’être sa tasse de thé et n’eut été la succession de crimes qui allait en découler, elle ne l’aurait jamais prise au sérieux. Oui mais voilà, il semblerait qu’un sonnet, vraisemblablement commis par Baudelaire, tuerait à des années de distance tous ceux qui pour une raison ou une autre s’en seraient approchés… Il va falloir étudier les rimes de près pour remonter, vers après vers au serial killer qui hante désormais les rues des XVème et XIVéme arrondissements parisiens et les média plus sûrement que les émissions de téléréalité. Coup de chance, hasard ironique du destin, un jeune inspecteur fait son entrée dans la brigade, le jeune Monot en personne, un féru des Lettres assez bien mis de sa personne. Gaffeur, quelque peu intrépide, mais terriblement séduisant, Monot devient vite l’indispensable alter ego de Viviane. Elle le couve comme une mère en mal de progéniture, avant de sentir pointer les premiers assauts de la jalousie… Toute commissaire qu’elle est, Viviane est une femme, une femme énergique à la tête d’une équipe d’hommes, mais une femme, une vraie, une femme un peu contrariée par son physique, une femme luttant contre les kgs, ces petits bourrelets disgracieux conquis à coup de Mars et autres barres chocolatées, une femme un peu seule depuis que son dernier grand amour, un juge (ne quittons pas la partie), l’a lâchement et sournoisement trompée, qui plus est, chez elle…

Cette affaire de sonnet, personne ne veut entendre parler, surtout pas le Quai de Orfèvres, qui la lui repasse avec joie et délectation, sous réserve qu’elle débusque le tueur et vite.

Si la première victime ressemble presque trait pour trait à Victor Hugo à la fin de sa vie, les autres suspects ou victimes (ou les deux à la fois) n’en sont pas moins truculents et hauts en couleurs. Georges Flipo excelle à créer des personnages plus vrais que nature, avec le petit détail qui fait mouche et vous donne à penser que celui-ci vous avez dû forcément le rencontrer (des « types » que Balzac, ce physiognomoniste de génie, n’aurait certainement pas reniés…).

Bref, on plonge avec délectation et forts gloussements de rires dans ce policier un peu particulier où les lettres sont à l’honneur et tuent aussi sûrement que des armes de poing.

Le lecteur baladé, comme Viviane un peu essoufflée par ses multiples régimes (il lui faut absolument rentrer dans son petit ensemble rose), passera d’hypothèse en hypothèse avant de se rendre à l’évidence, la dernière page tournée. Mais oui bien sûr ! Les enquêtes sont un peu comme les poèmes, elles donnent lieu à une multitude de possibilités…

A présent, je n’ai qu’une hâte, retrouver Viviane et vite !!

Un deuxième volume de ses enquêtes est prévu pour 2011 - « La commissaire n’a point l’esprit club ».

Julie Lescaut a du souci à se faire, c’est moi qui vous le dis !! ( A quand l'adaptation télé ? !!)

Au fait, savez-vous ce qu’est un red herring ?
Une invention des anglais, « un de ces harengs saurs très poivrés que les contrebandiers jetaient derrière eux pour perturber le flair des chiens policiers quand ils couraient sur leurs talons. »

Les avis de Papillon, Cathulu, Keisha... 

Editions de la La Table Ronde - Février 2010

7 commentaires:

Vanessa a dit…

Oh une belle proposition celle-ci aussi. De quoi aussi retourner à la poésie d'une autre manière. Et puis ce serait une manière de lire des paragraphes physionomistes à la Balzac (avant d'un jour y arriver).

Et puis ton red herring me fait penser à un autre hareng, lui cloué à un mur (dans une page lue chaque soir). Au fait, je te refile quand "le sauvage" dont j'ai parlé si vite?

keisha a dit…

Aargh! ça c'est de l'enthousiasme!!!
Justifié totalement!

Michel Serialecteur a dit…

Vu ton commentaire, je ne peux que le noter !

Alex-Mot-a-Mots a dit…

Chic, un roman de Georges Flipo, je le note.

Lily a dit…

Vanessa, il faut que je trouve ton red herring :)
Pour le sauvage, ah oui !! j'espère avant les vacances ??
Keisha, je suis contente que toi aussi... :))
Ah Michel, toi le grand spécialiste du polar, tu DOIS le lire et nous donner ton avis, absolument :)
Bienvenue Alex :)

liliba a dit…

Enthousiasme de mon coté aussi !

Bénédicte a dit…

j'ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre là