03 février 2010

Tout contre @ Marie-Florence Gros

« Parce que le temps imaginaire est à angle droit du temps réel, il se comporte comme une quatrième dimension spatiale. Il ouvre donc sur un éventail de possibilités beaucoup plus riches que la voie ferrée du temps réel ordinaire. » Stephen Hawking - cité en exergue au roman.
Tout contre, à contretemps… Un homme et une femme se rencontrent, un quatre avril très exactement, mais pas de la même année… Le temps, par un étrange caprice, les réunit en même temps qu’il les sépare. Lui vient de l’avenir, elle du passé..
« Le premier jour de l’un est le dernier jour de l’autre. »
Le temps parfois est contrariant, contrarié, un petit bug, et pour certains, il s’inverse. Combien sont-ils à vivre dans des temporalités inverses, personne ne le sait, car dans la réalité, la notre, rien ne devrait les rapprocher... Oubliez vos a priori spatio-temporels et plongez dans cette histoire d’un autre temps, à la jonction du réel et de l’imaginaire, comme si vous plongiez à corps perdu dans une quatrième dimension.
Quand Andréa entre dans la vie de Nestor, il vient de passer plus de cinq années à ses côtés, elle n’en sait strictement rien. Plus les jours passent, plus il oublie et plus elle apprend…
L’aventure n’est pas sans danger, il est avocat, elle est écrivain, il enquête sur un atroce trafic de femmes, elle l’écoute, s‘inspire de ses paroles… Imaginez un auteur qui connaîtrait l’avenir et écrirait au présent sur un fait d‘actualité…
Tandis que leur vie s’écoule, en sens inverse, et comme mû par un accord tacite, juste eux et rien autour, ni amis ni passé, tandis qu’elle comprend peu à peu ce que lui a saisi presque aussitôt, ils s’approchent après mille et une nuits passées ensemble, comme dans les contes, de ce point de non retour, l’unique nuit commune de leur calendrier, le seul trait d’union, où il seront pour la seule fois de leur existence, exactement ensemble, dans le temps, Tout contre.
Cette nuit précise, ils décident de briser le pacte, de tout se raconter, passé comme avenir, d’unir les deux fragments de leur histoire pour rompre l’enchantement. Mais y arriveront-ils ?

Pas un instant l’histoire ne paraît incongrue, elle se dévoile à nous, par petites touches sous le regard d’Andréa, puis l’inconcevable s’explique et s’éclaire sous celui de Nestor. Les deux temporalités se rejoignent, les questions trouvent leurs réponses, étonnantes, angoissantes, et incroyablement… logiques !
Il y est question de vie et de mort, du danger à braver le temps ou d’en habiter plusieurs, il y est question d’amour et de la nécessité aussi de le vivre dans le temps, pleinement.

Un très joli premier roman, merveilleusement construit (Marie-Florence Gros jongle avec le temps avec une aisance tout à fait prodigieuse), une histoire percutante et troublante.

En librairie le 4 février, à l’occasion de la Saint Valentin (enfin 10 petits jours avant... :)

Extrait
« Le matin où tu m’as rencontré, moi je vivais avec toi depuis plus de cinq ans. Et l’inverse est vrai aussi. J’imagine trop bien comme j’aurai peur de te perdre ce jour-là, ce dernier jour, le jour de ton déménagement et, pour toi le jour de notre rencontre : tu ne me connaîtras pas, tu n’auras jamais vu mon visage, alors que je t’aimerai déjà depuis longtemps, et que depuis longtemps, plus longtemps qu’aujourd’hui, j’attendrai cette rencontre. Comment expliquer cela à une femme qui croit à la vie ordinaire…
Il ne me suffira pas d’ouvrir un livre de mathématiques et de te parler du temps imaginaire comme d’une hypothèse nécessaire à expliquer la réalité… Même si elle sort des règles admises, notre vie à nous est bien réelle. »

L'avis beaucoup moins enthousiaste de Sylvie, et bientôt d'Antigone.... 

Editions Héloïse d’Ormesson - Février 2010.

9 commentaires:

sylvie a dit…

Mes a priori spatio-temporels ne m'ont pas autorisée à plonger dans cette histoire d’un autre temps, à la jonction du réel et de l’imaginaire... Impossible pour moi de plonger à corps perdu dans une quatrième dimension...
mais même si j'ai eu comme l'impression de passer à côté, j'en ai fait un livre voyageur, persuadée que ce roman trouverait des lecteurs autrement plus convaincus que moi ;)

L'or des chambres a dit…

Moi aussi, comme Sylvie, ça me fait un peu peur ces histoires de temps... Je crois que je passerais à côté, je vais donc passer pour celui là. Mais c'est un premier roman qui a au moins le mérite de ne ressembler à aucun autre... (la couverture est magnifique je trouve)

Antigone a dit…

Je suis loin d'être aussi enthousiaste, j'en parle bientôt mais moi aussi, comme Sylvie, j'ai eu du mal à plonger dans l'histoire !!

mirontaine a dit…

Ce roman m'intrigue, sa couverture est magnifique et ton billet fort tentant. Je le note!

Lily a dit…

Sylvie, je n'ai pas vu ton billet !
Personnellement, c'est justement ce qui m'a attirée, je l'ai trouvé drôlement bien mené, percutant, bref j'ai totalement adhéré ! en fait, je l'ai même relu deux fois, en prenant tout mon temps, annotant, notant, m'arrêtant, rêvant... mais bon, on aime ou pas et cela ne se discute pas !
L'or des chambres, il est vraiment très original ET bien mené (à l'inverse d'un best seller "Le temps n'est rien" que j'avais trouvé extrêmement creux).
Antigone, bon disons que ce sont des choses qui arrivent :)
J'attends ton billet !!

Hambreellie a dit…

Il m'a l'air intéressant mais ça ne m'attire pas plus que ça :(

pascale a dit…

je viens de le lire, et j'ai adoré, besoin de le relire pour apprécier tout le jeu subtile du temps...

ps : c'est dommage quand venant sur ton blog, de la pub s'impose sur mon écran j'ai horreur de ça car ça me bloque tout y compris ta page, c'est vraiment désagréablement, pour les visiteurs.

Lily a dit…

Pascale, ah oui, c'est vraiment un livre qui mérite deux lectures pour en apprécier toute la construction..
Les pubs sont vraiment atroces, en fait elles viennent d'apparaître, je pense que c'est dû à un gadget que j'ai ajouté il y a qqs jours, je le supprime pour voir si cela vient de là... Mais tu as raison, c'est vraiment horripilant !

Pascale a dit…

ah oui , c'est nettement plus agréable, j'ai horreur de cette pub qui nous agresse quand on flâne sur des blogs qui n'ont pas vocation à vendre de la pub, je te confirme je n'ai plus cette fenêtre d'une certaine couleur fruitée bloquant mon ordi;; j'ai repris ma lecture et comme tout est encore plus intense maintenant que je sais le pourquoi du comment , on apprécie amplement et plus intensément toute l'histoire tous les échos dont à la première lecture je n'entendais que du vide , c'est superbe que tout comme moi tu aies su apprécier et compris ce besoin d'une deuxième lecture, ceux qui ont passé à côté et j'ai bien failli aussi, devraient sans doute le relire ?
bonne journée à toi Lily