Le problème de Nath @ Gérald Tenenbaum
Nath a un gros problème avec les maths, c’est tout simple pour lui c’est comme s’il s’agissait d’une langue étrangère, un univers parallèle bien éloigné de son monde, distant, inaccessible, abstrait, si abstrait…
« Nath et maths, comme vous voyez, ça fait deux ! » ne peut s’empêcher de déclamer Mme Maillert, la si irascible prof de maths, alors que le pauvre Nath planche et sèche devant le tableau, « tel un papillon sur une planche », au bord de l’évanouissement.
Nous sommes en 2038 environ, les tableaux noirs ont été remplacés par des écrans tactiles translucides, chaque élève dispose de son petit ordinateur portable en « tissu biosynthétique », les minibus électriques n’ont plus besoin de chauffeurs, la robotique a envahi la ville et la vie.
Alors quand Nath se rend chez Serge, un vieux monsieur qui a toujours fait parti de sa vie, un quasi grand père sans pourtant en être un «pour de vrai » , l’adolescent est tout de suite chamboulé par l’odeur si particulière, unique qui y règne, celle du … papier.
L’appartement de Serge est le « royaume du papier », son unique pièce est envahie par les livres, les périodiques qui n’ont plus cours, et que l’on ne trouve plus à présent que chez les bouquinistes, et encore… Ces vestiges d’une autre époque transportent Nath dans un ailleurs, un monde fait de pensées, d’encre et d'imprimés. « Le monde de Serge est d’abord une forêt de papier. Qui dit papier, dit partir. Qui dit partir, dit rêver. ».
Le soir de cette terrible journée, il se rend chez Serge pour un peu de réconfort, et puis pour lui poser la question qui le taraude depuis des mois :
« - Les maths, tu as toujours su, ou c’est venu plus tard ? ». Et Serge de lui raconter une histoire, comme à son habitude et au grand bonheur de Nath, celle d’un de ses amis précisément, qui lui aussi n’avait pas la bosse des maths, et qu’il avait fallu aider avec un groupe de copains pour lui permettre de décrocher son premier concours. Pedro-Pierrot devenu pourtant, bien des années plus tard, directeur d’un institut de sondages, « une sorte d’usine à maths »…
« Tu sais, une des choses que j’ai découvertes à cette époque, c’est qu’on comprend beaucoup mieux soi-même quand on apprend pour expliquer à un autre que quand on apprend pour soi. (…) C’est une question de distance, dit doucement Serge. Ce qu’on ne parvient pas à repousser un peu plus loin, on ne peut pas vraiment le comprendre. »…
L’idée chemine dans l’esprit de Nath alors qu’il s’endort dans la petite chambre de Serge aux murs recouverts de dessins, gravures, photos, représentant tous Excalibur, l’épée du roi Arthur.
« La quête du Graal ressemble-t-elle à celle des mathématiques ? »
Elle est aussi essentielle en tous cas, et c’est-ce que le jeune garçon ne va pas tarder à découvrir, quelques heures plus tard. Sa mère Mia, ne répond pas au téléphone, sa mère Mia a sombré dans le coma...
Commence alors pour Nath, accompagné de Serge, de sa grand-mère et de quelques camarades dont l’aide se révèlera très précieuse, un combat contre le temps, un combat au cœur des maths, ses alliées pour une fois dans la quête de ce qui pourra guérir Mia…
La paralysie devant les dérivées et les logarithmes n’est plus de mise, il va falloir agir, une épée de chiffres à la main… Mais pas tout seul, ensemble, à plusieurs, unis dans la même foi et l’amitié.
Voilà un très joli roman, autant sur les chiffres et les mots qui jamais n’ont été aussi proches, que sur l’amitié, le partage, la transmission entre les générations, la famille qui n’attend pas les liens du sang pour accueillir et s’élargir.
Et puis, il y a la présence, douce et réconfortante de l’oncle qui n’est plus, Ethan, mort sur le champ de bataille afghan, Ethan qui lui laissa en héritage, un journal, une longue lettre d’où il lui murmure :
« Si je peux te donner, comme un oncle qui t’aime, un conseil pour ta vie, c’est celui-ci : pense par toi-même, toujours, toujours, et jamais n’accepte de rien ni personne qu’il le fasse à ta place. »
A découvrir dès 12 ans, et sans limite d’âge !
J’ai beaucoup aimé et j’ai hâte de le proposer à Matthieu ;)
Editions Belin, collection Charivari - 2007

4 commentaires:
salut Lily ! On aimerait bien que tu rejoignes la sélection des blogs ulike. Tu es 2ème dans le classement des blogs littérature et on communiquera bientôt sur ce classement. Pour ton blog, ça se passe par là :
http://fr.ulike.net/top-blog
À très bientôt !
pour moi qui est fâchée avec les maths depuis toujours....je vais aller voir cela d'un peu plus près !
j'ai beaucoup aimé aussi le Marry Poppins (un vrai régal)
il n'y a pas qu'avec les maths que je suis fâchée ce matin ! Pardon pour la faute "pour moi qui suis fâchée" bien entendu....(c'est le matin, hein)
Merci Flyin, mais euh, je ne suis plus trop "classement"...
CC, bienvenue :), eh oui, finalement et si mathématiques et littérature n'étaient pas deux univers opposés et résolument étrangers !
Gérald Tenembaum en serait bien la preuve à lui tout seul, lui qui manie aussi bien les mots que les nombres...
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