01 avril 2010

La Fille électrique @ Giampaolo Simi

La fille électrique c’est Rosa, une  jeune femme de 30 ans à peine, nouvellement promue à la brigade anti- criminalité italienne.
« Quand j’étais petite, on m’appelait la fille électrique. Quand on nous mettait au lit, mon frère Diego éteignait la lumière et me demandait de « faire les lucioles ». A chaque fois que j’enfilais un pull en matière synthétique, il produisait des crépitements et des étincelles en frottant cotre ma tête.
Mon frère adorait, il trouvait cela magique. » Convaincu que sa sœur est dotée d’immenses pouvoirs, il la convainc de tenir toute la nuit dans sa main les piles déchargées de son walkman, le lendemain, elles étaient comme neuves… Supercherie bien sûr, mais que la fillette découvrit non sans un grand désespoir.
Ainsi, personne ne serait  doté de super pouvoirs…
« J’eus soudain l’impression de vivre dans un monde bien triste. »
Et pourtant de temps à autres, comme le jour où elle débarque au foyer de réinsertion pour y rencontrer, le dit « Cochise », un délinquant de 18 ans prêt à passer aux aveux, elle aimerait ô combien, être dotée d'un petit plus, à l'image de ce fameux courant électrique qui la galvaniserait le moment voulu….
« Mais la seule électricité que je ressens, ce sont des fourmis dans les genoux. Pour le reste, même le téléphone est à plat. Pas de réseau, pas de batterie. »
Cochise est l'élément particulièrement important, la clef peut-être  d’une enquête de grande envergure au cœur même des réseaux mafieux du pays. Soupçonné d’avoir tué deux fillettes au cours d’un règlement de comptes entre deux clans rivaux qui aurait mal tourné,  il nie tout en bloc. La mission de Rosa :  le protéger tout en le « mettant à table » pour remonter au plus haut niveau de la mafia italienne.
Travail ô combien périlleux, et ardu, le jeune homme est farouchement hostile, violent, drogué et illettré… Et pourtant quelque chose intrigue Rosa dans son attitude….
Très progressivement, la jeune femme se rapproche de Cochise. Persuadée qu’il n’a pu tué les deux fillettes, elle conclut un pacte avec lui, acceptant de fuguer, tous les deux, pour remettre la main, ensemble et contre l’avis de sa hiérarchie sur l’homme invisible, sans visage qui manipule les clans terroristes, en Italie et même en Europe.
Le pari est risqué, on s’en doute, et Rosa va tomber de surprises en surprises… Quel rôle peut bien jouer son propre chef, le commissaire divisionnaire d’Intro ? Quel rôle, ou quel double-jeu ?

Haletant, sensible (le rapprochement entre la jeune policière et le petit truand est extrêmement bien écrit, tout en nuances, à pas  feutrés), ce polar se dévore d’une traite et sans répit.
Le mal n’est pas forcément là où on le cherche, rien n’est sûr, tout est mouvant.

A découvrir de toute urgence, vous ne pourrez plus décrocher :)

« La Fille électrique » devrait prochainement être adapté au cinéma, et il le mérite amplement :)

Editions Le Serpent à plumes - 11 mars 2010.