18 mai 2010

Little Bird @ Craig Johnson

Si vous avez besoin, envie,  d’une bonne bouffée d’oxygène, de grands espaces, de suspens, de tendresse et d’émotion, alors ce livre est fait pour vous, et si vous n’avez pas l’impression d’être en manque de tout cela, il vous tend aussi les bras, parce que je ne sais pas, non vraiment, à quels lecteurs il pourrait ne pas plaire…..
Oui, je sais, c’est diablement enthousiaste, tout ça, mais que voulez-vous, je n’ai qu’une envie, depuis que j’ai refermé ce livre, il y a une heure ou deux (déjà une éternité) c’est de poursuivre l’aventure, et qui sait, un jour, aller me perdre un peu, mais pas tout à fait, dans le Wyoming…
« Little Bird » est un roman qui serait aussi un polar, un roman d‘aventures, un roman noir, tout cela intiment mêlé enchevêtrés merveilleusement… Son auteur, Craig Johnson, dont c’est le premier livre traduit en français, fut tour à tour officier de police, professeur d’université, cow-boy, charpentier et pêcheur professionnel, et à vrai dire, tous ces personnages apparaissent et hantent ce roman, plus vrais que nature, magnifiquement vivants…
Walt Longmire, shérif du comté d’Absaroka depuis deux décennies, veuf depuis quelques années, s’attend à passer bientôt la main à sa jeune adjointe. Une maison en chantier permanent, quelques amis fidèles, l’avenir semble tout tracé, ou presque… Mais voilà qu’une affaire vieille de près de deux ans ressurgit violemment, aussi brutalement qu’elle fut cruelle. Deux ans plus tôt en effet, une jeune indienne du nom de Melissa Little Bird, fut retrouvée, violée et martyrisée par quatre adolescents. A l’issue du procès, les coupables s’en sortirent tous, quasiment indemnes de toute peine, ou presque…
Mais voilà que l’un d’entre eux, et par ailleurs le plus cynique, est retrouvé raide-mort, une balle dans le ventre, perdu au milieu de nulle part. Accident de chasse, ou meurtre ?
Walt se charge de l’enquête, tout mène à penser qu’il pourrait bien s’agir d’un règlement de comptes, et pas des moindres. La communauté indienne est importante, l’injustice de la justice criante… Walt les connait bien, tous ces indiens, l’un d’entre eux est même devenu, l’un de ses meilleurs, si ce n’est son meilleur ami. Henry, il s’appelle, Henry Standing Bear, et il est l’oncle de Melissa…
Naturellement le doute s’insinue, pervers et sournois dans l’esprit et le cœur de Walt, et si… Mais l’enquête rebondit, plus vive que l’éclair, les évènement s’enchainent impitoyablement. Et quand il faut enquêter en territoire indien, Henry, reste l’incontournable, le seul à pouvoir intercéder, introduire, alors le grand ours, participe aussi, malgré, malgré tout ce qui plaide en sa défaveur.

Le style de Craig Johson, vif, enlevé, percutant, habile à saisir les lumières et les paysages des  Hautes Plaines, ses personnages, bougons, hauts en couleur, enjoués, drôles et tristes tout à la fois, Walt, Henry, mais aussi le vieux Lonnie, ou la jeune Vic, tous, tout cela vous emporte et vous emmène résolument très loin de chez vous, et vous vous y sentez bien…
Et puis, saviez vous que les âmes des vieux Cheyennes continuent de hanter, guerriers fiers et droits comme au premiers jours, les grand espaces du Wyoming…Et elles traversent à toute allure les pages de cette histoire.

Magnifique vraiment et envoûtant.

Extrait :
« Je me suis toujours posé des questions sur les hommes qui passent leur temps à étudier les poissons dans un monde où l’on connaît à peine ses semblables. Il me paraît à la fois injustifié et complètement ignorant de croire qu’un homme peut penser comme un poisson. Et puis, il y a l’immense arnaque de la mouche artificielle. La subtilité, la fourberie et la tromperie sournoise créées et instillées dans le seul but d’attirer un poisson prudent et indécis vers sa mort. Les pêcheurs sont aussi mauvais que des toxicomanes vivant dans le monde trouble de l’intrigue aquatique.
Il m’arrivait toujours de pêcher à la mouche, mais en catch and release, et j’emportais toujours un livre. »
En voilà un qui devrait s’entendre avec l’Irlandais

  Craig Johnson

Editions Gallmeister - Avril 2009
Bonne nouvelle : Le deuxième opus des aventures de Walter Longmire, « Le camp des morts »  vient de paraître aux éditions Gallmeister.

Little Bird a obtenu le prix du roman noir 2010 du Nouvel Observateur.

9 commentaires:

Wictoria a dit…

je suis convaincue que ce livre est pour moi !

choco a dit…

De toute façon, tout Gallmeister est mortel alors bon... :))

Isabelle a dit…

Il est dans ma PAL depuis hier soir avec une magnifique dédicace de l'auteur... alors, y a plus qu'à!

In Cold Blog a dit…

Indéniablement, ça donne envie d'aller visiter le Wyoming... mais pas forcément d'y vivre. (là où vit l'auteur, il y a entre 20 et 25 âmes !!!).
Tu verras, la suite est tout aussi jubilatoire. Bonne lecture!

juliette a dit…

j'attends encore (et avec impatiente) la sortie de Little Bird en poche... Ca promet tout ça, ça promet...

Lily a dit…

Wictoria, alors ce livre est fait pur toi, pas d'hésitation possible :)
(Ps si tu veux que je te l'envoie...)
Choco, ah oui !! une mine de pépites, définitivement :)
Isabelle, comme tu as de la chance, je ne savais pas qu'il était à Paris ! grrrrr.. :)
ICB, 20 ou 25 âmes, mais ça m'irait tout à fait :) (enfin presque !)
La suite, il me la FAUT, c'est une urgence, même !
Juliette, oui ça promet :)
J'imagine qu'il devrait sortir très rapidement en poche... j'espère :)

cc a dit…

J'ai gardé quelque part en moi mes jeux de cow-boys et d'indiens partagés avec mes frères, les Légendes d'Automne d'Harisson, je lis en ce moment Le Pays des Ombres de Louis Owens.... alors celui-là me parle forcément ! et un de plus sur la liste.....

Lily a dit…

Libouli, si tu aimes Jim Harrison, alors raison de plus, en effet :)

Lily a dit…

Wictoria, il vole vers toi, mardi :)