13 juillet 2010

La Pelouse de camomille @ Mary Wesley

Quarante-cinq ans plus tard, ils se souviennent…
Il se souviennent de ce fameux été 39, le dernier, celui qui scella le temps de l’insouciance et de leur jeunesse, pour certains même de leur adolescence.
Depuis des années, la grande et disharmonieuse maison de Cornouailles reçoit famille, neveux  et amis, le temps d’une saison, celle des estivants et des bains de mer. Pour tous les cousins, c’est l’occasion de s’y retrouver et d’accomplir, comme un rite, les jeux devenus familiers, courses poursuites nocturnes sur le chemin de douanier, à pic, et surplombant la falaise, butinages et flirts innocents. Chaque année, tout le monde a un peu grandi.
La guerre est passée, certains s’en sont allés, mais reste, gravée dans leur mémoire, la pelouse de camomille, celle qui s’étendait quasiment jusqu’à la mer, délicieusement odorante et complice, complice de ces premiers amours, fantasmés, durables ou éphémères.
La guerre, loin de balayer les sentiments et les passions, exacerbe les tensions et balaie  les conventions. Au beau milieu de la tourmente, il semble que rien ne les attache encore tous plus à la vie, au milieu des morts et du danger, que l’amour partagé ou rêvé.
Point de conformisme encore ici, Mary Wesley n’en a cure, tabous et conventions sont allègrement jetés aux orties, et personne à vrai dire ne s’en porte plus mal, la guerre encore en toile de fond et surtout le temps qui passe, et que chaque personnage observe comme d’une haut d’une échasse, non point pris de vertiges, mais secoué par l’émotion, le regret, la nostalgie ou la sérénité d’une vie accomplie et assumée.

Un très joli roman, aigre doux, acide et cruel, qui se dévore…
Ah décidément, Mary Wesley a beaucoup de talent !

Editions Héloïse d’Ormesson - juin 2008 - et Livre de Poche !

8 commentaires:

Chère inconnue a dit…

Et bien moi, après quelques pages, un dialogue culcul digne d'un Harlequin m'a fait balancer le livre à terre ... ais-je eu tort ? damned !

Lily a dit…

Vraiment, chère inconnue ?
Un seul remède,dépasser les premières pages, vraiment !!
je ne suis pas une spécialiste d'Harlequin, mais ne ne crois pas que Mary Wesley s'en approche ;)
Ceci dit, peut-être que les premières pages en effet peuvent laisser penser au roman sentimental, mais il n'en est vraiment rien, c'est dur et âpre parfois. Mais c'est vrai que le ton est résolument "féminin", et voire quasiment"féministe" (mais dans les années 4o), pas une lecture d'homme pour deux sous (et peut-être ne vaut- il mieux pas !)...

Lily a dit…

Au fait, chère inconnue (quel joli pseudo par ailleurs), bienvenue en ces pages et dans le monde des blogs !! à très bientôt !

stéphanie a dit…

Une lectrice a attiré mon attention sur cet auteur. Elle m'a donné envie de la découvrir (l'auteur, pas la lectrice !)et ce billet me pousse dans ce sens.

Karine:) a dit…

Dans ma pile, celui-là! J'avais été tentée je ne sais plus où mais je l'avais déniché chez un bouquiniste de Londres. Bien hâte de voir ce que je vais en penser.

pom' a dit…

je note

isa a dit…

Très très tentant ce roman. Noté sur ma LAL sans fin ...

Anonyme a dit…

Mary Wesley est un auteur que j'aime beaucoup, je n'en ai lu que trois ou quatre titres, mais de ceux-là, La Pelouse de Camomille est celui qui m'a le plus emballée. Quelle subversion sous des dehors 'conventionnels', et cela tout en douceur. Un bel écrivain qui ne s'est mise à écrire que sur le tard. Comme je n'avais pas lu les autres titres dont tu as fait la critique, je note !

Domreader