Rose, sainte-nitouche @ Mary Wesley
Rose sainte-nitouche, la jeune fille prude, peu au fait des batifolages amoureux, mais qui au bout du compte cache bien son jeu, Rose, la naïve, qui finira bien par mener tout le monde par le bout du nez, telle est l’image que certains, bien moins francs du collier, voudraient méchamment lui accoler.
Mais qui est Rose, véritablement, et sans fard ?
A des années de distance, et alors que les années sont passées, laissant loin derrière la jeune fille puis la femme, Rose se souvient… Son mari, Ned vient de mourir, leur fils unique, Christopher, hérite avec sa femme Helen (une peste en réalité, mais qu'importe) de la magnifique propriété familiale, celle-là même que Rose a tant chérie et protégée pendant les années de guerre.
En apparence, Rose s’est dévouée à son mari, à ses parents aussi, pour lesquels, finalement elle a conclu ce mariage sans amour véritable, mais pour faire une « fin » convenable sous tout rapport.
Mais celle qui ment le plus, n’est pas toujours celle que l’on croit… Ou tout du moins la plus fidèle à son serment. Fidèle à ce qu’elle a promis, c’est déjà ça et ce n'est pas peu..
Entre mascarade et petit théâtre social, le monde que nous dépeint ici Mary Wesley, comme dans "Les raisons du coeur" lui aussi conté dans le temps et en perspective, révèle les faux semblants que cette petite micro-société tente à tout prix de masquer. Personne n’y échappe, mais rien n’est simple.
Avant Ned, ou presque en même temps, il y a eu, il y aura, toujours, Mylo, le jeune homme un peu excentrique, mi-français, mi-anglais, un jeune homme en rien convenable, puisque sans fortune et sans position sociable. Rose choisira Ned, de 12 ans plus âgé qu’elle, le si convenable Ned, sans pourtant jamais pouvoir renoncer à Mylo.
Double amour, double vie, double serment, un peu opposés, mais pas vraiment contradictoires, je ne te quitterai pas, s'allie au je ne t’oublierai jamais, en une ronde infernale… En cela Rose est sans doute la plus droite et la plus sincère de tous les personnages qui se promènent dans ce roman, droits dans leurs bottes, en apparence tout du moins… Les raisons du coeur, décidément, sont parfois les plus légitimes.
Mary Wesley dépeint l’intime confronté à l’apparat social et à ses conventions. Nombreuses sont ses héroïnes qui pleurent en se réjouissant de la mort de leur mari. Enfin libres. Mais Rose n’appartient pas à ce petit cercle si « convenable », Rose promet et reste fidèle, à sa façon à chacune de ses promesses quitte à en crever, littéralement, le jambes en sang, dans un métro londonien.
Personnage attachant s’il en est un… Le lecteur suit Rose, pas si sainte-nitouche que cela, ému, passionné, car il s’agit, oui, aussi, d’une formidable histoire d’amour.
En arrière plan, la seconde guerre mondiale, comme souvent chez Mary, Wesley et la difficulté d’y survivre quand les êtres chers menacent à tout moment de disparaître dans un souffle, et au plus mauvais moment. A cette époque-là, une broutille, une dispute enfantine peut basculer dans l’irrémédiable quand au jour présent ne suivra aucun lendemain, aucune possibilité de se racheter. C’est l’époque par excellence de l’urgence, de la nécessité de vivre et de tout prendre sur l’instant, au risque de tout perdre à tout jamais.
Un roman qui m’attache encore un peu plus à cette romancière et à la femme qui se cache tout derrière, profondément attachante, sincère et subversive, oui ô combien, encore à notre époque...
Bonne nouvelle, et comme nous l’a annoncé Cathulu récemment, Rose, sainte-nitouche, sort en Poche ce mois-ci et les éditions Héloïse d’Ormesson prévoient de rééditer toute l'œuvre de Mary Wesley.
Un vaste programme et des heures de bonheur en perspective.
Prochaine lecture prévue et pour dans très bientôt, La pelouse de Camomille et la biographie de Mary Wesley, "Wild Mary" de Patrick Marnham. :)
« C’est long comment, cinquante ans ? Se demanda Rose, allongée dans ce lit d’hôtel où elle ne trouvait pas le sommeil. Comment calculer le temps qui passe sans perdre la tête ? »
Mais qui est Rose, véritablement, et sans fard ?
A des années de distance, et alors que les années sont passées, laissant loin derrière la jeune fille puis la femme, Rose se souvient… Son mari, Ned vient de mourir, leur fils unique, Christopher, hérite avec sa femme Helen (une peste en réalité, mais qu'importe) de la magnifique propriété familiale, celle-là même que Rose a tant chérie et protégée pendant les années de guerre.
En apparence, Rose s’est dévouée à son mari, à ses parents aussi, pour lesquels, finalement elle a conclu ce mariage sans amour véritable, mais pour faire une « fin » convenable sous tout rapport.
Mais celle qui ment le plus, n’est pas toujours celle que l’on croit… Ou tout du moins la plus fidèle à son serment. Fidèle à ce qu’elle a promis, c’est déjà ça et ce n'est pas peu..
Entre mascarade et petit théâtre social, le monde que nous dépeint ici Mary Wesley, comme dans "Les raisons du coeur" lui aussi conté dans le temps et en perspective, révèle les faux semblants que cette petite micro-société tente à tout prix de masquer. Personne n’y échappe, mais rien n’est simple.
Avant Ned, ou presque en même temps, il y a eu, il y aura, toujours, Mylo, le jeune homme un peu excentrique, mi-français, mi-anglais, un jeune homme en rien convenable, puisque sans fortune et sans position sociable. Rose choisira Ned, de 12 ans plus âgé qu’elle, le si convenable Ned, sans pourtant jamais pouvoir renoncer à Mylo.
Double amour, double vie, double serment, un peu opposés, mais pas vraiment contradictoires, je ne te quitterai pas, s'allie au je ne t’oublierai jamais, en une ronde infernale… En cela Rose est sans doute la plus droite et la plus sincère de tous les personnages qui se promènent dans ce roman, droits dans leurs bottes, en apparence tout du moins… Les raisons du coeur, décidément, sont parfois les plus légitimes.
Mary Wesley dépeint l’intime confronté à l’apparat social et à ses conventions. Nombreuses sont ses héroïnes qui pleurent en se réjouissant de la mort de leur mari. Enfin libres. Mais Rose n’appartient pas à ce petit cercle si « convenable », Rose promet et reste fidèle, à sa façon à chacune de ses promesses quitte à en crever, littéralement, le jambes en sang, dans un métro londonien.
Personnage attachant s’il en est un… Le lecteur suit Rose, pas si sainte-nitouche que cela, ému, passionné, car il s’agit, oui, aussi, d’une formidable histoire d’amour.
En arrière plan, la seconde guerre mondiale, comme souvent chez Mary, Wesley et la difficulté d’y survivre quand les êtres chers menacent à tout moment de disparaître dans un souffle, et au plus mauvais moment. A cette époque-là, une broutille, une dispute enfantine peut basculer dans l’irrémédiable quand au jour présent ne suivra aucun lendemain, aucune possibilité de se racheter. C’est l’époque par excellence de l’urgence, de la nécessité de vivre et de tout prendre sur l’instant, au risque de tout perdre à tout jamais.
Un roman qui m’attache encore un peu plus à cette romancière et à la femme qui se cache tout derrière, profondément attachante, sincère et subversive, oui ô combien, encore à notre époque...
Bonne nouvelle, et comme nous l’a annoncé Cathulu récemment, Rose, sainte-nitouche, sort en Poche ce mois-ci et les éditions Héloïse d’Ormesson prévoient de rééditer toute l'œuvre de Mary Wesley.
Un vaste programme et des heures de bonheur en perspective.
Prochaine lecture prévue et pour dans très bientôt, La pelouse de Camomille et la biographie de Mary Wesley, "Wild Mary" de Patrick Marnham. :)
« C’est long comment, cinquante ans ? Se demanda Rose, allongée dans ce lit d’hôtel où elle ne trouvait pas le sommeil. Comment calculer le temps qui passe sans perdre la tête ? »
Editions Héloïse d’Ormesson - mai 2009

5 commentaires:
Noté chez Cathulu. Tu confirmes mon envie, en poche certainement.
je vais attendre qu'il sorte en poche.
Ben zut alors, je n'ai jamais lu cette auteur... je la note dans un petit coin...
Une sortie poche à surveiller alors !
Je ne connais pas du tout Mary Wesley... je vais me renseigner car ta description de ce roman est alléchante !
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