20 septembre 2010

L'Arnaqueur @ Richard Asplin

Neil a une petite vie bien tranquille, une femme, un enfant, un magasin de comics et un beau-père qui le moins que l’on puisse dire ne le porte pas dans son coeur. Car le beau-père riche à millions supporte mal l’aspect un tantinet «has been» de son gendre et sa dangereuse propension à se faire entretenir par sa fille. Et puis, un peu étrange non, cette passion pour les super héros d’une autre époque, moulés dans leur collant, pas très viril en fin de compte, enfin c’est ce qu’il doit penser, tout comme tous ses anciens copains de fac d'ailleurs...
Aussi, quand suite à d’atroces problèmes de plomberie, sa cave et par-là même toutes ses réserves et celles d’un ami prennent l’eau, le monde manque de lui tomber sur la tête. Comme de bien entendu il a omis d’envoyer à l’assurance le chèque qui lui aurait épargner bien des ennuis. Comme de bien entendu.
Mais un jour, plus gris que les autres, une étonnante apparition fait son entrée dans la vie et la boutique de notre héros (par vraiment «super»). Elle se prénomme Laura, et ressemble à s’y méprendre à «une poule rétro des années quarante» - là, il aurait dû se méfier. Elle vient de se faire agresser, il appelle la police, étrange comme des liens peuvent se nouer...

Laura est une icône, ou tout du moins ressemble à s’y méprendre aux héroïnes fantasmées par Neil.
«Vous avez vu Gilda ? Ce film de 1946, avec Rita Hayworth et Glenn Ford ? Non ? Alors Seuls les anges dont des ailes, peut-être ? 1939 ? Hayworth et Cary Grant ? Bref, c’était ce genre de femmes

Plus curieux encore, le lendemain débarque à l’improviste un personnage tout aussi fantasque et irréel... Appâté comme un vulgaire petit poisson d’eau douce, Neil se laisse aisément corrompre puis inviter à déjeuner au Claridge, pas moins. L’homme, un certain Christopher, est un faussaire de la meilleure espèce,  un escroc dont il a d'ailleurs toutes les apparences. Très rapidement il propose à Neil un marché, une immense arnaque qui devrait illico le sauver de tous ses déboires financiers. En un mot comme en mille, il lui suffit juste de  mettre en vente dans sa boutique la fausse vraie....,  enfin vous verrez par vous-même !
L’astuce dit-il à Neil : « ce n’est pas de dégoter un objet de valeur, mais le client qui va trouver de la valeur à votre objet.»
Et tout s’enchaîne, pour le pire bien entendu... Des milliers de fois, Neil se dit bien qu’il devrait faire demi-tour, mais que voulez-vous, la menace des huissiers pèse trop fort, et puis  tout cela parait si facile. Il rejette à chaque fois, d’un revers de la main, la petite voix qui lui murmure de se méfier. Mais Neil a lu trop de comics....

De rebondissements en rebondissements, l’histoire démarre en trombe et poursuit sa route sur les chapeaux de roue, et si les rôles semblent s’inverser, et les masques tomber, les arnaqueurs anarqués semblent se dédoubler comme autant de reflets dans des miroirs de fêtes foraines.
Mais qui se cache derrière qui ? Quelle nouvelle tête surgira tout à coup de derrière le paravent ?
Et tandis que Neil s’enfonce,  à deux doigts de tout perdre, le voilà qui dans une dernière virevolte vous cloue le bec à son tour. Et si c’était vous, pour finir et en bout de chaîne, la victime bien réelle de cette grandiose arnaque ?

Un roman qui se dévore, un humour pétillant, un super héros de pacotille dans un monde de gangsters très cinématographiques. On en redemande à toutes les pages.

Extraits :
« J’aurais aimé me fondre dans le tapis, mais je n’y parvins pas aussi bien que je l’espérais, car il était orné d’un motif de fleurs et non d’hommes mal habillés aux cravates malheureuses

« Mes pensées restaient suspendues comme des nageurs poltrons sur un plongeoir.»

Editions Le Serpent à Plumes - mai 2010.

6 commentaires:

mirontaine a dit…

Tiens tiens intéressant!

Vanessa a dit…

à quand la possibilité de commenter le bibliobus ???????
;))

Lily a dit…

Mirontaine, ce fut une belle découverte, et je me suis bien amusée, ah oui oui, laisse-toi tenter :)
Vanessa, oui, je vais régler le problème :))

Ys a dit…

Déjà, la couverture me plait beaucoup et ton billet, n'en parlons pas. J'adore ce genre de héros adolescent attardé (cf. "Swap" d'Anthony Moore ou "Haute Fidélité" de Nick Hornby), et cette histoire d'arnaqueurs arnaqués me tente beaucoup. Sorti au printemps ? Il ne me semble pas en avoir entendu parler...C'est anglais ou américain ?

Lily a dit…

ys, je trouve que c'est bien mieux encore que Swap !
A noter, il est anglais, né à Londres en 1972.

chiffonnette a dit…

C'est un mélange qui m'a l'air tout à fait appétissant et drôle! Je note!