L'Entrave (extrait) @ Colette
"On dit qu’une femme garde difficilement son sang-froid devant un homme qui pleure. Je ne me souviens pas que les larmes de Max, le jour qu’il pleurait si naïvement sur mon prochain départ, m’aient paru particulièrement émouvantes.
Mais je trouve qu’il y a pour une femme dans le chagrin d’une autre femme, un spectacle souvent poignant, et propre à faire naître la crainte égoïste et frappante qu’on nomme pressentiment. C’est presque toujours elle-même qu’une femme mire dans une douleur féminine : elle pourrait formuler son pressentiment, à peu près, comme le buveur à jeun devant un poivrot vautré : « C’est comme ça que je serai dimanche. » »
Cruel, n'est-ce pas ?
Colette, L'Entrave, Editions de la Pléiade, Oeuvres, Tome II.

4 commentaires:
j'ai lu "l'entrave" il y a de très longues années, j'avais bien aimé, pour autant qu'il m'en souvienne car j'ai lu tant de livres depuis.
Comme j'aimerais relire les livres lus dans ma jeunesse !
Niki, il faut ! Il faut prendre le temps, ne serait-ce que de les feuilleter. Je reviens toujours à Colette entre deux lectures.
Merci de ton passage ici :)
Les étranges talents de flavia de luce est bien tentant!
Ah oui Vanessa, j'ai vraiment ADORé !!
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