30 janvier 2010

In the air @ Walter Kirn


La quarantaine bien tassée, Ryan Bingham, consultant en management, passe le plus clair de son temps et de sa vie, dans les airs, entre deux destinations, confortablement installé dans son fauteuil de première classe de la compagnie Airworld...  Il accumule les miles, les empile, les collectionne, les brandit même à l’occasion comme un trophée. Bientôt, l’affaire de quelques jours tout au plus, il appartiendra au club très fermé des dix plus grands voyageurs de la compagnie, passé ce délai, il le dit, il le déclame, il…. jettera l’éponge tout simplement.
La décision semble presque étonnante, pourquoi ? Il n’existe nul autre endroit au monde où cet homme d’affaires par ailleurs séduisant et charmant, se plaise davantage, se sente davantage lui-même. Il navigue à vue dans les aéroports, affectionne tout particulièrement leurs chambres d’hôtel, leurs restaurants (tous les mêmes), croise inlassablement ou presque les mêmes personnes, des habitués pour la plupart. Vase clos, univers en miniature peuplé de personnages toujours en transit, toujours ailleurs, autant dire presque nulle part, sans attache, sans aucune attache…
Ryan est un homme libre, ou presque, enfin, s’il n’en devenait pas mécanique, quasi robotique… Il faudra le grain de sel, la petite trace de rouille pour faire dérayer la machine et la rendre plus humaine, faillible.
En quelques jours Ryan balayera d’un revers de la main tout ce qui avait fait sa vie jusqu’alors, une vie dont ses proches étaient fiers sans la comprendre aucunement.
Les raisons de ce brusque virage apparaissent au fur et à mesure que Ryan raconte à son voisin de fauteuil imaginaire, le lecteur en l’occurrence, les aléas de sa vie et de ces quelques jours à venir.
On croit saisir la raison, simple au premier abord, un changement de carrière, pour découvrir peu à peu, l’énormité du vide qui s’est creusé presque à son insu sous ses pas… 
La fin tombe comme un couperet.

Si l’idée de départ, le scénario de cette histoire adaptée au cinéma et sortie en salles depuis peu (avec Georges Clooney dans le rôle principal) est franchement intéressante, j’ai trouvé la lecture du roman par moments particulièrement fastidieuse. Beaucoup de longueurs, digressions diverses et variées, viennent alourdir le récit et étouffer son lecteur qui par moment lui aussi aurait bien envie de jeter l’éponge. Et pourtant ce serait dommage, la fin tombe à point nommé, révélatrice du bonhomme et de ses multiples facettes et failles.

Quelque chose me dit que le film sera sans doute plus digeste que le roman ? A voir …
Clooney me semble parfait dans le rôle …

Les avis de Jules, Clara, Bartlebooth, Lael et Brize...

Editions Michel Lafon - Janvier 2010

28 janvier 2010

Le journal intime de Benjamin Lorca @ Arnaud Cathrine

C’est dans le temps et à reculons (quinze, dix, cinq ans après, tout juste après), que les quatre narrateurs de ce roman prennent successivement la parole pour évoquer celui qui fut leur ami, leur frère ou leur amant, Benjamin Lorca.

Benjamin, l’écrivain, et plus récemment, l’interprète de ses propres textes mis et joués en scène avec l’un de ses meilleurs amis. Benjamin qui depuis n’écrivait plus beaucoup, enfin si, mais juste son journal intime, celui-même que l’on retrouva, après sa mort, sur le disque dur de son ordinateur portable.
Benjamin qui un soir a décidé de mettre fin à ses jours, à sa vie, à son mal-être. Benjamin qui laisse derrière lui, un blanc immense peuplé d’interrogations, d’incompréhensions et de culpabilités.
Mais il y a ce journal…Faut-il le lire ou le détruire ainsi que le jeune homme l’avait demandé, un jour, au cas où il viendrait à disparaître… Appartient-il à l’œuvre de Lorca ( en est-il même l’aboutissement, le « livre impossible » devant lequel il s’épuisait tout en le désirant ?) ou à sa vie même,  intime, privée et destinée à le rester ?

Ces quatre voix, à des années de distance, révèlent en creux le passage du temps et les blessures qui cicatrisent plus ou moins mal, les failles, les attentes… Tour à tour, l’éditeur amoureux, le frère, l’ami et l’ancienne compagne s’interrogent sur ce qui les liait viscéralement, profondément au jeune écrivain. Les propos, les confessions se font échos, s’unissant ou s’opposant, s’entrechoquant parfois…

De ce journal, quelques pages, à peine, émergent ici ou là, et fondamentalement, l’intérêt est presque ailleurs, dans le retour sur image qui s’imprime inéluctablement dans l’esprit, le cœur ou les entrailles de ceux qui l’ont aimé. Ce journal, un peu comme un miroir que leur aurait tendu Benjamin, d’outre-tombe et malgré lui, presque… Faut-il le lire ou le détruire, accepter la confrontation avec le reflet, fausser la perspective, la leur…
Quinze ans plus tard, nous devinons juste ce qui risque de leur en coûter, par dépit ou désamour de soi..

Un roman tout en subtilité, triste et magnifique.

« Parenthèse cruelle que le sommeil depuis une semaine : Benjamin meurt chaque fois que je me réveille. » ( Ninon, « après »)

« Aujourd’hui, je n’ai plus que sa mort.
Quel programme.
Qui m’occupe à plein temps. » ( Martin "dix ans après")

« Benjamin cultivait les dernières paroles. C’était là un vice un peu morbide qu’il cultivait en forme de conjuration. Solennel et ironique, il me les citait avant d’entrer en scène. Il affectionnait tout particulièrement les derniers mots d’Henri Calet dans Peau d’Ours :
C’est sur la peau de mon cœur que l’on trouverait des rides.
Je suis déjà un peu parti, absent.
Faites comme si je n’étais pas là.
Ma voix ne porte plus très loin.
Mourir sans savoir ce qu’est la mort, ni la vie.
Il faut se quitter déjà ?
Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes. » (Ronan, "cinq ans après")

Editions Verticales. Janvier 2010.

27 janvier 2010

Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti @ Judy Blundell

Ce que j’ai vu et pourquoi j’ai menti, est le roman d’une chute, inexorable, progressive et violente tout à la fois, du monde de l’enfance vers celui de l’âge adulte. Une chute, une descente « en enfer », là où aurait dû pourtant se trouver – la narratrice de l’histoire en aurait juré – le pays des merveilles, celui tant désiré par les adolescentes de son âge, celui des premiers émois amoureux, de la liberté, enfin…
« Quand Alice est tombée au fond du terrier, ce fut au ralenti. Elle a eu le temps de remarquer tous les détails autour d’elle – « Tiens, une tasse de thé ! Et une table ! » -, si bien que le paysage lui paraissait plus ou moins normal. Jusqu’au moment où elle a brusquement atterri au pays des merveilles, et ce fut une folle aventure.
Moi aussi, j’ai remarqué certains détails au cours de ma chute. Rien ne m’a échappé – la façon dont il a retiré son chapeau, dont il a allumé sa cigarette, dont elle s’est éloignée à pied en tenant négligemment son foulard à bout de bras. Les pétales de fleur et la vase en forme d’ananas.
A présent, il faut que je revoie l’enchaînement des évènements. Mais cette fois, sans moi, sans chercher à orienter les choses comme cela m’arrange.
Je vais donc commencer par le début. La veille du jour où nous sommes partis pour la Floride. Un jour comme un autre ».
Le tout début… rien que de très banal en apparence. Evie, pas tout à fait seize ans, grandit presque harmonieusement entre sa mère, une femme merveilleusement élégante, belle et captivante comme une star hollywoodienne, son beau-père, Joe, ancien GI fraîchement rentré de la guerre, nous sommes en 1947, et la mère de ce dernier, la sévère et possessive Grand-mère Glam. Leur vie aurait pu se poursuivre, bon an mal an, si les tensions entre la belle-mère et la belle-fille ne leur pourrissaient pas la vie à tous et si Joe, épris d’un soudain et bien étrange besoin d’évasion (une fuite ?), n’avait pas pris la très soudaine décision d’emmener sa femme et celle qu’il considère comme sa fille en Floride, à Palm Beach très exactement…
Mais quand ils y arrivent, après de jours et des jours de voiture, la ville leur apparaît mystérieusement vide, déserte, les hôtels sont hermétiquement clos… Drôle d’endroit, pas le bon moment en fait, les touristes sont partis et ne reviendront pas avant deux ou trois mois.
Une ville fantôme, s’exclame la mère, et elle ne croit pas si bien dire, car c’est bien de cette station balnéaire un peu tristounette en ce mois d’octobre, que sortiront comme d’un placard mal fermé, les spectres d’un passé pas si lointain, les fantômes d’une époque pour le moins trouble et dangereuse.
Et puis il y a Evie, si jeune et si prête à prendre son envol, si désireuse tout du moins d’échapper à la période d’avant et à ses robes de petite fille. Quitter l’enfance, la reléguer au rang des souvenirs doux amers.
C’est alors qu’apparaît, presque inopinément, un homme aussi séduisant que sa mère, mais plus jeune de près de 20 ans. Enigmatique, attirant, ô combien, Peter sème le doute en même temps qu’il ensorcelle la jeune fille… Ce sera lui, elle le décide, elle le sait, qui changera son existence, mais elle est loin de deviner jusqu’à quel point…
Le monde des adultes est empli de mystères, les enfants le savent bien alors même qu’ils n’ont qu’une envie, y sauter à pieds joints, mais ils ne soupçonnent pas toujours la part misérable qui s'y cache et les secrets qui y pourrissent, tapis, dans l’ombre, prêts à exploser au moindre faux pas. Ce roman est une confession, celle d’une jeune fille devenue trop vite et trop violemment adulte, confrontée brutalement à un dilemme, un choix crucial, moral…
Le monde des adultes ne serait-il que mensonges, faux semblants, petits arrangements avec l’infâme ?
Evie choisit, dans un dernier élan, la part de vérité…
« Ce serait dur.
Mais j’étais plus dure. »
Très habilement construit – Judy Blendell excelle à distiller les petits indices, les phrases laconiques mais qui en disent long – ce roman captive, inquiète, interpelle. Impossible de le lâcher, avant la dernière page tournée.
Une belle réussite, pour les ados comme pour les adultes.

L’avis de Clarabel.

Editions Gallimard Jeunesse - Janvier 2010.

23 janvier 2010


(Vu sur Bookshelves)

21 janvier 2010

Les poissons ne connaissent pas l'adultère @ Carl Aderhold

Il a suffi d’une séance de relooking, cadeau de ses collègues pour ses quarante ans, pour que Valérie, « Valoche comme dit Djamel en parlant d’elle à ses potes », prenne la poudre d’escampette et le premier train venu. Nouveau visage, nouvelle allure, et « Valérie se fait la malle », comme ça sur un coup de tête, une intuition, une sensation, pour une fois qu’elle se sent belle, cela ne lui était plus arrivé depuis bien des années…

Sa fille, Laure est devenue grande, et son mari, Djamel est devenu à son égard d’une froide et irascible indifférence. Entre eux, plus grand-chose, si ce n’est le pavillon un peu bouffé par l’humidité qu’elle laisse derrière elle avec soulagement, et puis cette vie qui ronronne poussivement, cette « sexualité de poisson pané. »…
Elle part, une boule au ventre, mais soulagée, déjà… Et hop, pour le coup, elle change même de prénom, Julia, comme l’actrice, de Pretty Woman, et de Erin Brockovich . Toulouse, elle a choisi Toulouse, au hasard, presque, à peine une amie là-bas qui peut-être ne l’attend même pas.
Mais partir, voilà l’essentiel. Et le train qui la porte, et les voyageurs qui y montent, un autre monde. Tout un petit monde qui entre peu à peu en relation au rythme des roues qui glissent sur les rails et des kilomètres avalés. Il y a Vincent et sa femme, Vincent, l'universitaire, spécialiste des bestiaires médiévaux, mais aussi  Nicolas, chercheur également, mais débordant d’ambition, laissant éternel indifférent, sa femme toute menue dans son ombre, son sillage.
Et puis il y a Colette, la vieille dame, qui jongle entre ses deux domiciles et ses deux amants que sépare juste une ligne de TGV. L’été chez l’un, l’hiver chez l’autre…
Peu à peu, les langues se délient, les regards se posent avec plus d’insistance, les uns imaginent la vie des autres, les fantasmes germent… Quelques heures à part, entre deux points, quelques heures pour faire le point…
Les conversations intérieures se croisent et s’entrecroisent. A vrai dire, ce huis-clôt ferroviaire fonctionne plutôt bien. Est-ce l’impulsion donnée par Julia, son rayonnement, sa toute nouvelle liberté, mais chacun d’entre eux baisse la garde, et bon gré, mal gré, laisse tomber le masque, sondant par là même les petites ou grandes misères de son existence.

Voyage initiatique, catharsis, aucun n’en sortira indemne, dans la souffrance, la joie ou la bonne humeur.

Un très joli roman, drôle, enlevé, pétillant, abrasif, pertinent et, last but not least, optimiste (ouf, ça fait du bien !)

Extrait :
« Le vrai se dévoile presque par hasard. A notre insu. Nous n’avons de cesse, dans l’amour comme dans le reste, que de nous créer des habitudes. Notre existence ne repose que sur une chose : la répétition. Le don juan, le globe-trotter ou même l’érudit cherchent chacun à apprivoiser le désir. Mais, au fond de nous, nous le savons, à la fin, nous ne garderons en mémoire que la première fois, cette première fois où, avec l’unique secours de notre imagination, nous nous sommes jetés à l’eau. »

L’avis de Cathulu

Edition JC Lattès – Janvier 2010.

19 janvier 2010

Un léger passage à vide @ Nicolas Rey

« C’est une histoire triste, vous comprenez. Une histoire que peu de gens peuvent comprendre. Une histoire destinée à une poignée de téléspectateurs qui se reconnaissent en se croisant.
Comment l’homme peut vivre après ça ?
On laisse une lettre ? Pour dire quoi ? Sans se parler depuis des mois, on s’est déjà tout dit. L’aube se pointe, il faut partir. On respire par le ventre.
Parfois, la lâcheté demande infiniment de courage. L’homme sort de la maison. Est-ce qu’il va se retourner ? Est-ce qu’il va jeter un dernier œil sur sa famille ?
On préfère ne pas savoir. C’est son histoire, c’est son intimité.
Intimité, d’Hanif Kureishi, en 10/18 ».
Le courage de Nicolas Rey, ici, entre ces pages, et le temps, ironiquement d’un pas si « léger passage à vide », est de tout noter, enfin l’essentiel, « les moments dingues » et « les mauvaises passes », avec humour et une belle dose d’autodérision, nécessaire on le devine à la survie. Car il est question ici de survie, entre alcool, dope et immense mal de vivre.
Le roman, (autofiction ? de toute façon le terme est un peu pédant) se construit peu à peu comme sous forme de chroniques - on imaginerait presque l’auteur les lire à la radio, une par jour - autonomes presque, mais liées inéluctablement à la précédente. Roman, oui, puisque tout se suit et s’enchaine. Roman, donc,  de sa propre vie, celle du moins qui commence par la naissance de son fils. Cette naissance, c’est presque un soulagement. Ouf, quelqu’un, un petit moi pour prendre la relève. Erreur, mais il va falloir tenir, maintenant,  pour lui…
 « Pourquoi je refuse de rechuter ? A cause des Indiens ». Le jeu des chatouilles bisous partagé avec son fils, le soir après le bain, les indiens qui attaquent, et le rire du gamin "comme un putain de rossignol. ".
« Chaque matin, je ferme les yeux et cette photo sonore me donne assez de vitamines pour tenir un jour de plus. »
Un jour de plus entre grosse déprime, séparation, solitude, cure de désintox, dîners en ville foireux, nouvelle rencontre... Rien de très gai, et c’est un euphémisme, mais le ton mordant adopté par l’auteur, le parti pris d’en sourire plutôt que d’en pleurer, quitte à faire le fier à bras pas trop sûr de lui, donne à ce « roman » toute sa profondeur, sa délicatesse et sa sensibilité.

Les « histoires d’adultes » sont parfois « aussi tristes que le chagrin d’un enfant. »

L’avis de Cuné, beaucoup moins emballée que moi :)

Et puis, bien envie de lire « Intimité » après tout ça…

Editions du Diable Vauvert (qui fête ses 10 ans ) - janvier 2010

15 janvier 2010

Le baby-sitter @ Jean-Philippe Blondel

Alex est étudiant et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne roule pas sur l’or, entre le loyer de son petit appartement, le forfait téléphone, la carte de bus et la pendaison de crémaillère, il lui reste à peine de quoi s’offrir une biscotte et quelques pois chiches oubliés au fond d’un placard en guise de déjeuner. Oui mais voilà il l’a voulu cette indépendance, et pour rien au monde il ne demanderait de l’aide à sa mère, qui l’a élevé seule, et encore moins à son père qui semble bien l’avoir oublié depuis longtemps…
C’est alors que les cris incessants et lancinants du nouveau-né de ses voisins lui inspirent peut-être LA solution. Pourquoi pas du baby-sitting ? Peut-être un peu original pour un jeune homme de dix-neuf ans, dégingandé et immense, mais qui ne tente rien n’a rien…
Et contre toute attente, la petite entreprise d’Alex se met à bien marcher, à rouler même comme sur des rails, mais c’était sans compter une donne incontournable : les parents…
Car là est le grain de sable, ou plutôt le sel de l’aventure. Si les enfants ont besoin d’être gardés, les plus grands ont besoin, un besoin immense d’être écoutés. Or ça tombe bien, mais est-ce vraiment une coïncidence, Alex a le don intuitivement de percevoir les autres, de les comprendre à mi-mots, Alex a besoin des autres… « Un animal urbain et social – c’est là son point faible. » et son point fort…

Le baby-sitting a cette particularité un peu étrange de vous faire pénétrer sans effraction dans l’intimité des autres. Les parents vous confient leurs enfants, leur maison, presque leurs secrets… Troublant pour Alex, qui dans un premier temps ose à peine s’asseoir en l’absence des propriétaires des lieux, autrement que sur le bout du canapé, raide comme la justice…
Et pourtant, au bout de la soirée, il en sait déjà beaucoup, presque trop :
« Vingt euros les trois heures de viol. ».
Viol, peut-être pas, car les parents en rajoutent, des détails, se laissent aller pour certains assez loin dans les confidences… De baby-sitter qu’on s’arrache presque , Alex devient alors LE confident… Ce sera Mélanie, la boulangère, Marc, le prof qu’une insondable déprime emporte peu à peu, Irina, la mystérieuse et jolie Irina… Confident, ami, amant, fils à l’occasion, Alex devient un peu tout ça, au risque de s’y perdre lui aussi, de s’y perdre même tout à fait. Pas évident, quand on n’a pas 20 ans, de découvrir que tous ces adultes qui ont presque et même deux fois son âge, se tournent vers lui, comme on s’accrocherait à une bouée, pour tenter de continuer à vivre, tout simplement… La vie et les secrets qui étouffent, la vie et ses espoirs déçus, la solitude surtout. A moins que, à moins qu’un peu d’enfance et de fantaisie ne viennent réchauffer les cœurs, en une cavalcade et des rires à gorge déployés, ensemble et individuellement.

Un très joli roman, tout en sensibilité et en délicatesse, pertinent, lucide, et néanmoins optimiste. La fin est comme un grand éclat de rire qui vous submerge, l’émotion vrillée au cœur.

J’ai beaucoup aimé, comme à chaque fois que j’emprunte le chemin de l’un ou l’autre des livres de Jean-Philippe Blondel ; un univers en demi-teinte, dur parfois, à fleur de peau, émouvant et si humain.

Les avis de Cuné, In Cold blog, Amanda, Keisha, Thomas, Leiloona, Le Biblioblog,  et je dois en oublier (faites-moi signe :)

Editions Buchet Chastel - Janvier 2010.

14 janvier 2010

Le fond des forêts @ David Mitchell

Tout commence par des sonneries stridentes, dans le vide, cinquante au moins, « Interdiction absolue d’aller dans mon bureau. C’est la règle de papa. ». Interdiction absolue d’y pénétrer, interdiction absolue, il va sans dire, de répondre sur sa ligne privée. Curieusement depuis peu, il ne mettait plus son répondeur, le même que celui de « James Garner dans la série Deux Cents Dollars plus les frais, celui avec les grosses bobines. ». Alors il y va, Jason, il y va malgré l’interdiction formelle, et puisque ni sa mère ni sa sœur n’entendent rien, l’une accrochée à son aspirateur, l’autre enfermée dans sa chambre avec « Don’t You Want Me » à plein tube dans les oreilles. Et quand il entre dans le fameux bureau, il ne peut s’empêcher de penser à la femme de Barbe-Bleue pénétrant dans le cabinet interdit, « (il n’attendait que ça, Barbe-Bleue, n’empêche. »).
Au bout du fil, personne, enfin si, juste la musique de « 1, rue Sésame » et les pleurs d’un bébé…

Bizarre, étrange… Suspect ? Pas encore, enfin pas vraiment pour lui, pas pour le moment. Et pourtant, le « secret » est déjà là, en germe, prêt à revêtir toutes les apparences, prêt à se lover un peu partout… Des apparences à la réalité, il y a une distance presque aussi infranchissable que celle qui le sépare du fond de la forêt.

Nous sommes en plein dans les années 80, entre guerre des Malouines et dame de fer, en Angleterre, dans le Worcestershire exactement….
Jason a treize ans, un bégaiement obstiné qui le prend à la gorge exactement au moment où il le faudrait le moins et un amour des mots et des rimes qu’il cache avec énergie à tout son entourage. C’est sûr, si on savait que le poète Eliot Bolivar dont les textes paraissent dans gazette locale, c’est lui, il se ferait étriper, voire pire par ses camarades… Pas évident d’aimer les mots et de ne pouvoir les prononcer à volonté, bloqués qu’ils sont tout au fond de sa gorge. Alors il reste silencieux souvent, pour sauver ce qui peut l’être encore, d’apparence. Car il importe de jouer les durs à cuire dans un monde adolescent où la loi du plus fort, entre racket et persécution des plus faibles, est la règle… Passer pour un idiot peut-être, certainement pas pour un bègue et pire pour un poète. Mais il y a la forêt, toute proche, profonde, un peu inquiétante aussi, mais où au moins on peut être soi-même, sans restriction. Et dans la forêt il y a toutes sortes de choses et de gens étranges, un univers fantasque qui s’ouvre au jeune adolescent, presque pour lui seul…

Il n’y a pas d’âge pour être poète, l’enfance est même le terrain idéal, l’angle de vision unique par lequel aborder instinctivement le monde et le merveilleux qui se tapit dessous. Jason a ce don, celui de voir et de ressentir sans pédanterie ni forfanterie, et il n’est pas dit que le Pendu qui lui serre la gorge et lui vole les syllabes de la bouche, ait le dernier mot.
Le fond des forêts regorge de personnages tout droit sortis des contes, de maisons brinquebalantes habitées par d’étranges mais gentilles sorcières, de châteaux abandonnés où pourrait bien rôder Frantz de Galais, de chiens meurtriers…. Et des secrets aussi, il y en a…
Les secrets qui enflent et qui devront bien exploser (ou pas) pour le meilleur ou pour le pire, mais ce sera, alors, la fin de l’enfance…

Un livre absolument magnifique, unique, découvert grâce à Fabrice Colin qui en parle très bien ICI.
Il s’entretient également avec l’auteur et c’est ICI.


Un très beau coup de cœur.

Extrait.
En visite chez Madame Crommelynck, la vieille dame indigne.

« J’ai entendu un piano, auquel s’est joint un violon discret. J’espérais que madame Crommelynck n’avait pas d’autre invité. Quand on est trois, c’est comme si on était cent. L’escalier avait besoin d’être réparé. Une guitare bleue déglinguée était abandonnée sur un tabouret cassé. Dans son cadre de couleur criarde, une femme grelottante était étendue dans une barque flottant sur une mare couverte de saletés. Comme l’autre fois, le majordome m’a conduit au solarium (j’ai cherche « solarium » dans le dictionnaire, ça veut dire : « une pièce lumineuse et ouverte »). La succession de portes devant lesquelles nous sommes passés m’a fait penser à toutes les pièces de mon passé et de mon avenir. La chambre d’hôpital où j’étais né, les salles de classe, les tentes, les églises, les bureaux, les hôtels, les musées, les maisons de retraite, la pièce où je mourrai (elle est déjà construite ?). Les voitures, ce sont des pièces. Les forêts aussi. Les ciels, ce sont des plafonds. Les distances, des murs. Les utérus, ce sont des pièces faites en mères. Les tombes, des pièces faites en terre.

La musique montait, montait. »

L' avis de Cathulu enthousiaste, également :)

Editions de l'Olivier - Traduction  de Manuel Berri - 2009

13 janvier 2010

Prix du roman 2009 Version Femina - Virgin Megastore



J'aime beaucoup Agnès Desarthe, alors pourquoi n'ai-je pas encore lu "Le remplaçant" ?
Mystère... Mais cet oubli devrait être rapidement corrigé. Evidemment !

En attendant, lisez sans tarder le joli billet que Clarabel lui a consacré. Pour Sylire, ce fut également un très beau coup de coeur :)

Pour info, le jruy du Prix Version Femina - Virgin Megastore était présidé cette année par Philippe Claudel.

La remise du prix aura lieu demain,
jeudi 14 janvier au Virgin Megastore des Champs Elysées à 18h30,
en présence de Philippe Claudel et des membres du jury.


Agnès Desarthe

12 janvier 2010

Le camion blanc @ Julie Resa

C’est en revenant du cimetière qu’elle le vit pour la première fois, le vieux camion blanc, garé juste devant le mur de leur propriété. Insolite, moche comme une tâche, il semblait dormir…
« Il lui gâchait la vue », il se mit à lui pourrir la vie.
Voilà un an que sa mère était morte, et quelques mois à peine que sa fille était née, elle avait décidée de passer son congé maternité chez son père, dans la vieille demeure familiale, mais tout s’était mis à aller de travers, rien ne se passait décidément comme prévu.
Et voilà qu’un camion blanc, un « utilitaire » Mercedes, faisait son apparition, là juste devant chez elle, comme pour lui rappeler que non, décidément, plus rien ne serait comme avant.
Comme doué d’une vie propre, le camion la nargue, le camion, sous ses traits de vieux chien arthritique n’en finit plus de la hanter. Et c’est ainsi que commença la guerre qui les allait les opposer des mois durant, comme si il en allait de sa vie, du sens même de son existence.
Le texte est léger, presque drôle tant le combat semble insensé, démesuré, mais tout derrière se tapit l’infinie angoisse du « plus jamais », du « Never more », entre mort et naissance, entre la fille et la mère qu’elle est devenue, mère orpheline à tout jamais.
Non, plus rien ne pourra être désormais comme avant, avec ou sans le camion blanc.

Un très joli texte, court et dense tout à la fois. Un nouvel auteur à suivre, c’est évident.

Les avis de Keisha et Clarabel,

Editions Buchet Chastel – Janvier 2010.

11 janvier 2010

Il était une fois au pays de contes @ Delphine Godard et Claire Degans

« Un jeune homme qui rêvait de devenir le héros d’un conte mais qui ne savait comment faire » décida un beau jour de partir à l’aventure au pays des contes, qui sait, peut-être pour y découvrir la clef qui lui ouvrira les portes de sa propre histoire, de sa propre destinée.
Son périple commence par le château de la Belle et la Bête. Demeure immense qui s’ouvre pour lui, juste pour lui (et le  petit lecteur) en un tryptique fourmillant de mille petits détails… Mais tandis qu’il parcourt les pièces, toutes aussi somptueuses les unes que les autres, il croise, dans le miroir de la bibliothèque, le regard de la Bête ! Plus vite qu’il n’en faut pour le dire, notre vaillant voyageur prend ses jambes à son cou et se retrouve dans la nuit noire toute piquetée de ronces. Quel chemin choisir ? Celui du milieu, oui… Après avoir découvert quelques demeures, palais de porcelaine, maison du Petit Poucet, château du roi de l’Océan, étranges, belles, ou inquiétantes, il se convainc que le mieux serait de rencontrer, en chair et en os, de vraies princesses. Le challenge pourrait sembler aisé, après tout, les contes ne sont-ils pas peuplés de jeunes filles de lignée royale ? Oui, mais… comment les reconnaître, sous leur costume de souillon, d’âne, ou de sirène….
Trop compliqué… La princesse, il l’a trouvera bien assez tôt quand il sera prince lui-même. Pourquoi ne pas trouver un prince et s’en faire un ami, un guide dans cette incroyable aventure ?
Ah, mais c’était sans compter les multiples apparences que peuvent prendre les princes. Souvenez-vous du crapaud…
De déceptions en résolutions, le jeune homme traverse, sans jamais perdre courage, le pays des contes, qui n’en finit pas de lui dévoiler ses multiples arcanes. Rois cruels, fées marraines, sorcières, ogres, lutins, loups, aucun ne manque à l’appel, tous lui dévoilent une part d’eux-mêmes.



Voyage au long cours au pays des contes, comme au milieu d’une forêt profonde, les chemins sont nombreux, lequel choisir ? Les contes déplient ici leurs histoires au cœur même du recueil, livres dans le livre, presque indéfiniment.
Ah oui, elle fait peur la forêt des contes et que les apparences sont trompeuses, mais sous la plume et le crayon de Delphine Godard et Claire Degans, elle est diablement captivante.



Un très joli livre destiné aux enfants à partir de 6 ans, à lire tout autant qu’à contempler, bien au chaud, à la maison, et une bien jolie introduction à l’univers des contes (de tout petits livres y sont insérés résumant et reprenant une douzaine de contes principaux, de Grimm, Perrault et Andersen.)

Editions Milan Jeunesse – Collection Albums animés – 4ème trimestre 2009.

08 janvier 2010

Les Maximonstres. L'île aux monstres @ Dave Eggers

Vous vous souvenez sans doute du magnifique album de Maurice Sendak, « Max et les Maximontres », un classique, une merveille… Vous avez peut-être vu le film sorti dans les salles le 16 décembre dernier (pour moi, c’est encore partie remise, mais je l’espère plus pour trop longtemps…), Les Maximonstres, l’île aux monstres est un peu des deux tout à la fois, mais pas seulement..
L’auteur s’en explique dans ses « remerciements », en guise de postface. Grand fan de l’album de Sendak depuis l’enfance, il participa à l’écriture du scénario dudit film, à la demande du réalisateur Spike Jonze, occasion rêvée pour lui de rencontrer à de multiples reprises Maurice Sendak, « un véritable artiste, intransigeant, et un être humain authentique. ». Par la suite, l’auteur de Max et les Maximonstres lui proposa, à partir de tous les éléments accumulés au cours de leurs nombreuses rencontres de travailler à l’idée d’un roman inspiré de son album…
« J’ai répondu que j’allais essayer. Vous tenez le résultat entre vos mains. »

Le roman tient tout à la fois du film et de l’album, s’en approchant et s’en éloignant tout à la fois pour laisser place à la propre version de Dave Eggers, ses souvenirs d’enfance.

Le résultat est très beau, et tout à la fait à la hauteur de mes attentes, très proche de l’album, qu’il sert à merveille, à  mon humble avis, et selon la vision que j’en ai de l’album de Sendak.
En bref, j’ai beaucoup aimé, charmée que j’étais par la profondeur que Dave Eggers donne à l’histoire, merveilleuse, fantastique, inquiétante, un peu triste aussi…

Les parents de Max sont séparés depuis quelque temps déjà et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas toujours facile tous les jours, entre les petits amis de la mère (un peu loufoques et guère à la hauteur), sa grande sœur de presque quinze ans avec qui il se chicane plus souvent qu’à son tour, et ses innombrables…. bêtises.
Pas facile de se faire entendre et surtout comprendre. Alors Max multiplie les mouvements de colère, les idées pas trop géniales de par les conséquences qu’elles entraînent. Ah ses fameuses idées, ses fulgurantes pensées, si seulement il arrivait à les maîtriser ! Mais elles sont libres comme le vent et pas du tout disposées à se laisser faire.
« Ses pensées, il le savait, se comportaient parfois comme les oiseaux du quartier. Des cailles, pour être précis, ces étranges volatiles qui n’aiment pas voler. Un instant, elles s’alignaient les unes à côté des autres, comme une famille, pour picorer des graines par terre, l’une d’elle chargée de monter la garde sur un piquet. Puis au moindre bruit, elles se dispersaient, disparaissaient dans le fourré le plus proche. (…) ». Et lorsque Max se mettait à pourchasser ses pensées telles un groupe de cailles éparpillées, il pouvait faire ou dire des choses qu’il regrettait par la suite….
Alors de temps à autres, Max endosse son déguisement de loup (indument pris pour une panoplie de lapin par Gary son "beau-père"d'alors) , qui le fait devenir autre, totalement autre, lui permettant même de braver le froid et la neige, car c’est connu : « les petits garçons mi-loup mi-vent n’ont jamais froid », même s’ils font parfois des choses un peu disproportionnées comme d’inonder littéralement la chambre de leur sœur pour se venger au risque de mettre à mal (pense-t-il ensuite, tout plein de culpabilité ) toute l’ossature de la maison…
« Je sais que j’ai toujours été un méchant garçon mais c’est terminé. Ne me tuez pas. ».

Mais une bêtise de plus, une de trop, et la mère de se mettre en colère et de le priver de dîner…
« Tu ne dînes pas avec nous ce soir. Monstre. »…

 Monstre...
Et l’enfant mi-loup, mi-vent, le petit monstre, de s’enfuir dans la nuit, avec comme un poids dans le cœur, l’horrible culpabilité de semer le chaos dans sa famille.

La course est longe, la traversée en bateau interminable, mais l’île aux monstres pointe enfin le bout de son nez. Ils les découvrent un peu abasourdi, tous ces gentils monstres un peu loufoques, dangereux aussi - ne le menacent-ils pas de n'en faire qu'une bouchée ? - et comme dans le livre de Maurice Sendak, il deviendra leur roi, lui plus petit d’entre eux, mais il leur a promis une chose, rétablir l’ordre, anéantir le chaos, ce même chaos pour lequel il fut chassé de sa propre maison…

Fêtes tonitruantes et très bruyantes, construction d’une forteresse, la vie qui s’en suit, parmi ces montres de tout poils est loin d’être reposante. Et curieusement, les mêmes problèmes se posent qu’au milieu des humains… Mais où Max a-t-il bien pu atterrir et qui sont ces drôles de personnages ? Des monstres vraiment ?

Un très joli roman, vraiment, faisant la part belle à l’enfance et à ses émotions, ses contradictions, ses peurs et ses espoirs dans ce face à face avec le monde des adultes pour le moins déroutant.

A destination des jeunes lecteurs (12 ans je pense) comme de leurs parents.
A découvrir absolument pour ensuite lire ou relire encore le chef-d'oeuvre de Maurice Sendak.



Editions du Diable Vauvert - Décembre 2009

07 janvier 2010

Malice @ Chris Wooding



Au lycée, tout le monde parle, à mots couverts et avec un peu d’effroi mais aussi beaucoup de curiosité d’une certaine BD, intitulée Malice, bien peu l’ont pourtant vue ou même feuilletée… Malice, un territoire inconnu, proche et lointain tout à la fois, une ville perdue dans un ailleurs où le fameux et terrifiant Tall Jack règne en maître absolu.
Une rumeur court et pas de moindres : il suffirait par le biais d’un rite incantatoire bien précis d’appeler Tall Jack à la rescousse et ce dernier arriverait pour vous prendre et vous emmener tout droit dans les arcanes et l’enfer de Malice. La rumeur court, la rumeur enfle, des adolescents disparaissent pour ne plus revenir, et ceux qui en réchappent, reviennent mais totalement amnésiques…
Est-ce ce qui est arrivé à Luke, le meilleur ami de Seth et de Kady ? Ils retrouvèrent dans sa chambre, un exemplaire de la fameuse BD, mais toutes les pages en sont… blanches. Plus de trace, plus aucun indice, à moins que, en cherchant bien…

Seth et Kady vont mener l’enquête, remettre la main, dans une boutique de BD, étrangement inquiétante, sur un exemplaire de Malice, le dernier en date (la Bande dessinée paraît visiblement sous forme de feuilleton) et découvrir à leur grande horreur et immense stupéfaction, que leur ami y figure… Seth, l’intrépide, n’a plus qu’une idée en tête, se rendre à Malice, appeler Tall Jack et déjouer, une fois pour toute, ses plans meurtriers.

L’aventure est haletante, le suspens à la limite du tolérable, les personnages fantastiques très habilement plantés, les décors angoissants à souhaits… Les va-et-vient entre le monde réel et le monde fantastique de Malice ajoutent encore à la tension narrative, et l’horreur absolue pointe le bout de son nez, quand nos deux héros réalisent que ces deux mondes loin d’être étanches, communiquent et interfèrent…

A mi-chemin entre le thriller, le fantastique, ce roman pour ado vous donnera littéralement la chair de poule. Bien construit, très habilement mené, il mêle en ses pages des passages de la fameuse BD, on y plonge, on s’y perd… Et si vous étiez la prochaine victime ?

« Malice » est le premier tome d’une série, j’attends à présent avec vraiment beaucoup d’impatience le volume 2 intitulé « Ravage », à paraître au printemps 2010. Damned, c’est beaucoup trop long !!!

A souligner, la couverture qui accroche l’œil (c’est le premier détail qui le me l’a fait prendre en main, plus vite qu’il n’en faut pour le dire), Tall Jack y figure en relief…..

Au sujet du talentueux Chris Wooding, c’est ICI.

Editions Casterman - Octobre 2009.

05 janvier 2010

Belle et heureuse année 2010 !


Il n'est pas encore trop tard :)
Le temps de me remettre à mon clavier - oui, il serait vraiment temps - quelques jolis livres dont je dois vous parler, absolument...