28 avril 2010
23 avril 2010
La grande journée du petit Lin Yi @ Benjamin Lacombe et Brenda Williams
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Editions Milan jeunesse. 4éme trimestre 2009.
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22 avril 2010
Le meilleur ami des livres @ Louise Yates
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Challenge "Je lis aussi des albums" 3/11
Edition Milan jeunesse - 2010
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21 avril 2010
La mer @ Yoko Ogawa
Il y a « bascule », entrée dans un monde autre, intangible au premier abord, mais bien réel, aussi présent que l’autre, le monde de tous les jours et de toutes les habitudes.
A la lisère de la folie, de la monomanie, du fétichisme, les personnages de Yoko Ogawa, ouvrent tous largement une porte vers un ailleurs résolument poétique, hanté par la mort ou la disparition souvent, mais comme un relief donné à la vie.
La mer, est un recueil de nouvelles particulièrement touchant, émouvant, étrangement bouleversant…
Le camion de poussins met en scène un vieil homme, « portier dans l’unique hôtel de la ville », locataire d’une chambre chez une veuve et sa petite fille mystérieusement muette. Se nouent entre l’homme solitaire et la gamine sans voix un lien magnifique autant qu'étrange. L’homme, un célibataire et solitaire endurci n’y comprend pourtant pas grand-chose aux enfants :
Et pourtant, entre la petite muette et lui, s’établit assez vite une sorte de rituel pour le moins étrange. Tous les jours ou presque, elle lui apporte une mue, le reste de la métamorphose d’un animal, insecte, serpent… La collection s’agrandit, tous deux l’observent longuement tous les jours, pieusement et sans parler…
Les mues, le changement en autre chose, le symbole peut-être de ce qui ne manquera pas d’arriver…
Quand un camion de poussins multicolores se met à passer régulièrement sur la route qui longe la maison, la nature ou signification des mues devient presque tangible et prend toute son importance.... Etrange rituel auquel le vieil homme se soumet bien volontiers, quand il gobe un œuf malgré son dégoût afin d'en enrichir la collection.
Gober un œuf, presque un espoir de poussin.. Mort et vie mêlées, la mue…
« Bientôt, le contenu gluant à l’odeur fade coula dans sa gorge. La coquille était froide et râpeuse sur ses lèvres. Contenant son envie de vomir, il se força à l’avaler sans se donner le temps d’y goûter. Dans l’espace entre sa bouche en cul de poule et la coquille, de l’air s’échappa qui fit un drôle de bruit.
Petit à petit, l’homme avait l’impression de devoir avaler un poussin mort un jour de fête. Maintenant, il procédait à la cérémonie funéraire du poussin mort solitaire au terme d’un transport au loin , après avoir été coloré et serré au maximum pendant le transport. Faisant attention à ce que la fillette ne s’en aperçoive pas, il l’inhumait discrètement dans un champ de fleurs.
Les yeux fermés, il avala tout jusqu’à la dernière goutte. La petite fille qui balançait ses jambes sur le lit battit des mains. Il ne restait plus entre eux qu’une petite coquille blanche. L’homme l’ajouta à la collection sur le rebord de la fenêtre. L œuf aussitôt se mêla habilement aux autres dépouilles. Les applaudissements de la fillette augmentèrent. »
Mais un jour, le camion verse dans le fossé et c’est toute une multitude de petites boules de couleur qui se envahit le champ, comme une promesse de vie chamarrée et la petite fille se met à parler…
Le bureau de dactylographie japonaise « Butterfly »… Tout est déjà dans le titre ou presque. Imaginez d'imposantes machines à écrire, plus lentes et encombrantes que celles maniant les caractères européens, et nécessitant à l'usage tout un rituel, poétique et dansant…
« - Regardez le mouvement de la main tenant le levier qui cherche un caractère sur la casse, ne trouvez-vous pas qu’il ressemble à celui d’un papillon volant à la recherche du nectar des fleurs ? ».
Quand l’un des caractères de plomb casse ou se brise, il faut alors gravir l’escalier poussiéreux qui monte au dépôt. Là, derrière une vitre dépolie officie le gardien des caractères d’imprimerie, homme sans visage, dont on ne distingue que la main, teintée irrémédiablement de gris, celui du plomb et des caractères qu’il chérit par-dessus tout, petite entité douée de vie et d’un fort pouvoir sensuel, érotique…
« Il fit courir ses doigts sur le bi blessé, sur le kô déséquilibré. Caresse les courbes, pince les protubérances, applique sa chair sur les interstices. Il souffle dessus, les réchauffe de ses lèvres, les lèche. Comme il s’attarde minutieusement sur les endroits qui manquent, on dirait que sa langue y adhère et on a presque l’illusion qu’elle ne peut plus s’en détacher. C’est pour ça que sa langue elle aussi a pris la couleur du plomb. »
Et puis, il y a La guide, ou plutôt son enfant, un jeune ado, qui rencontre, au cours de l’une des expéditions organisée par a sa mère, un vieil homme, un peu en retrait, doux et tendrement distant.
C’est un poète retraité qui a choisi de ne plus écrire pour ouvrir un magasin, une« titrerie», un peu comme la "chemiserie" de la seule amie de sa mère (chemiserie un peu étrange elle aussi, puisque toutes les chemises se doivent d'avoir un "défaut" une particularité, une poche dans le dos, qui leur donne un certain pouvoir, une aura indispensable les jours où l‘on se sent un peu plus vulnérable que les autres….
Une titrerie... « Mon travail, c’est de mettre un titre sur les souvenirs que m’apportent les clients », afin que plus jamais, ils ne les oublient…
Rencontre inoubliable, comme les autres, un peu « surréaliste », portée au rêve et à l’ailleurs…
« Pourquoi avez-vous arrêté d’être poète ?
Ne sachant quoi répondre, il gardait la tête baissée, la main sur le menton. Je ne savais pas trop s’il était blessé par cette question indiscrète ou s’il cherchait des mots qu’un enfant pouvait comprendre. Au moment où j’allais m’excuser d’avoir posé une question idiote, il a enfin ouvert la bouche.
- Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas de poèmes, mais il n’y a personne qui n’ait pas de souvenirs. »
Editions Actes Sud - Avril 2009.
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Libellés : Actes Sud, Ogawa Yoko, romans asiatiques
17 avril 2010
Ah ! un peu de vacances :)
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Libellés : Miscellanées
16 avril 2010
Un loup à la maison @ Mim et Sébastien Pelon
Oui mais voilà, à peine a-t-elle le dos tourné et alors que les chevreaux goûtent joyeusement dans la cuisine, on frappe à la porte ou plutôt on frotte le carreau d’une grosse patte velue. Le loup ! s’écrient en cœur les biquets. Ils se cachent, se tapissent sous la table de la cuisine, mais peu à peu la voix s’ éteint pour faire place à des gémissements, puis… plus rien, le silence… Deux heures plus tard, les biquets tentent un coup d’œil, le loup (puisqu'il s'agit bien d'un loup) est allongé, fort mal en point, son pelage tout mité, et le moins que l’on puisse dire est qu’il ne paraît pas en très bon état…
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Challenge "Je lis aussi des albums" N° 2/11
Pour Yaël et Vanessa ...
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15 avril 2010
L'enfant de tous les silences @ Kim Edwards
Une belle occasion de le découvrir (et d'en parler ) ?
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1 an - 365 dessins @ Nicolas Keramidas
Et pour finir, la "touche Keramidas" par excellence. J'adore.
Au sujet de Nicolas Keramidas :

Un grand merci à Guillaume et à Masse critique de Babelio pour cette très jolie découverte !
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Libellés : BD, Keramidas Nicolas, Soleil
14 avril 2010
Certains l'aiment chaud ! et Marilyn @ Tony Curtis et Mark A. Vieira
Photo de fin de tournage - Soulagement de pouvoir enfin faire valser les perruques et colifichets qu'ils durent porter tous deux pendant pas moins de 73 jours !
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13 avril 2010
Sukkwan Island @ David Vann
Et cette phrase terrible qui laisse présager le pire à venir :
"Il commençait à se demander si son père n'avait pas échoué à trouver une meilleure façon de vivre. Si tout cela n'était qu'un plan de secours et si Roy, lui aussi, je faisait pas partie d'un immense désespoir qui collait à son père partout où il allait."
Un très beau roman, violent et fort tout à la fois, qui fait mal et qui foudroie. Inoubliable.
La chronique de Fabrice Colin sur Sukkwan Island
Un grand merci à Vanessa (vite un billet !) pour le prêt de ce livre :)
Au fil du temps, les extrémités ont fini par se toucher. Elles se sont recroquevillées pour se rejoindre et former le globe, et sous le poids de ce phénomène la rotation s’est déclenchée, hommes et bêtes ont cessé de tomber. Puis l’homme a observé l’homme, et comme il était devenu si laid avec sa peau nue et
ses bébés pareils à des cloportes, il s’est répandu sur la surface de la Terre, massacrant et revêtant les peaux des bêtes les plus correctes.
Ha, lança Roy. Mais ensuite?
La suite devient trop compliquée à raconter. Quelque part, il y a eu un mélange de culpabilité, de divorce, d’argent, d’impôts, et tout est parti en vrille.
Son père le dévisagea d’un œil qui prouva à Roy qu’il était allé trop loin. Non, c’est parti en vrille un peu avant, je crois.
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12 avril 2010
La Forêt des Damnés @ Carrie Ryan
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10 avril 2010
A propos de Georges Méliès (à suivre...)
Plus d'infos :
ICI sur le site de la cinémathèque française
Et
ICI , l'article, Georges Méliès, le père des trucages cinématographiques
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Libellés : Films, Méliès Georges
09 avril 2010
Mauvaise journée, demain @ Dorothy Parker
Mauvaise journée, demain, recueil de nouvelles écrites dans les années 30, est un petit bijou du genre. Les textes se succèdent, aucun n’est innocent, tout le monde y passe, sans concession… « Je le savais. Je savais que si je venais à ce dîner, j’allais me retrouver avec ce genre de petite merveille à ma gauche. Ils me le gardent au chaud depuis des semaines. Oh, mais il faut absolument qu’on l’invite - sa sœur s’est montrée si gentille avec nous à Londres ; on n’a qu’à le coller à côté de Mme Parker - elle a bien assez de conversation pour deux. Oh, je n’aurais jamais dû venir. Jamais. Je suis ici contre mon gré. Vendredi, vingt heure trente : Mme Parker contre Son Gré, à statuer. Pas mal, ils pourraient graver ça sur ma tombe : « Où qu’elle se soit rendue - y compris ici - ce ne fut jamais de son plein gré. » Est-ce bien raisonnable de penser à des tombes juste en début de soirée ? Voilà l’effet que mon voisin à sur moi, déjà ! Et la soupe n’est pas encore refroidie. J’aurais dû rester dîner à la maison. J’aurais pu me servir quelque chose sur un plateau. La tête de saint Jean-Baptiste par exemple. Oh, je n’aurais jamais dû venir. (…)
Si seulement j’avais quelque chose à faire. Je déteste rester comme ça sans rien faire. Les gens devraient vous prévenir quand ils vont vous asseoir à côté d’un truc pareil pour que vous puissiez apporter de quoi vous occuper. Chère Mme Parker, soyez s’il vous plaît des nôtres à dîner vendredi prochain, et n’oubliez pas vos ouvrages en retard. J’aurais pu apporter le tiroir du dessus de mon bureau ; ça aurait été l’occasion d’y mettre un peu d’ordre, ici, sur mes genoux. Ou bien l’album photo, histoire d’y coller enfin les photos de toute la bande sur la plage. Je me demande si mon hôtesse trouverait ça bizarre que je lui demande un jeu de cartes. Je me demande s’il n’y aurait pas une vieille édition du St. Nicholas dans les parages. Je me demande s’ils n’auraient pas besoin d’un petit coup de main à la cuisine. Je me demande si ça ne ferait pas plaisir à quelqu’un que je fasse un saut au coin de la rue pour acheter un journal du soir. »
Mais celui à ma droite - The New Yorker 19 octobre 1929
Ne me dîtes pas que vous n’avez pas vécu au moins une fois dans votre vie une situation de ce genre…
Chère Dorothy Parker…
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08 avril 2010
Toujours plus vite @ Luke Davies
Tout le monde connait Howard Hughes, du moins depuis la sortie d’Aviator… Hughes, personnage « Scorsesien » par excellence, marqué par le destin, les ailes brisées après avoir tutoyé l’infini. La puissance et déchéance, la gloire et la chute, sans fin…Luke Davies est romancier et scénariste, auteur de « Candy », porté à l’écran et sélectionné par le festival de Berlin 2006.
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07 avril 2010
Cristal Défense @ Catherine Fradier
L’intelligence économique, un concept encore un peu abstrait pour certains, pour d’autres, une priorité nationale, à l’heure où des guerres d’un genre nouveau se profilent dans l’ombre, redoutables parce que quasiment insaisissables.
Le conflit étend son champ de manœuvres, les avants postes ne sont plus discernables en tant que tels, les belligérants, planqués sous des dehors respectables, des multinationales, dont les plans à long terme sont aussi secrets qu’obscurs.
Le travail de Léo et de son équipe, les pister, remonter les filières, mettre à jour les liaisons dangereuses, sécuriser la patrimoine économique nationale en luttant contre les lobbyings dévastateurs.
A tout juste cinquante ans, Léo est une femme d’expérience, respectée de son équipe à laquelle elle peut quasiment tout demander…. Il faut dire qu’ils sont tous des as dans leur domaine, rompus aux méthodes d’espionnage et de renseignements, et à son service toujours, comme si leur existence passait toujours après… Leur existence justement, réduite à la portion congrue, comme celle de Léo, depuis que sa fille a disparu, enlevée, encore tout bébé. Dans les bureaux de l’Agence économique, de larges écrans diffusent en permanence les images des caméras de télésurveillance des aéroports français, on ne sait jamais, sa fille, pourrait bien un jour y apparaître.
Mais pour l’heure une série de crimes vient toucher de plein fouet une importante multinationale spécialisée dans les OGM et les semences génétiquement modifiées. Visiblement la cible de ses concurrents… Les Etats-Unis demandent de l’aide, le dossier est confié à Léo.
Les pistes sont nombreuses, mais l’enjeu qui se dévoile peu à peu, glace le sang de l’équipe.
C’est tout l’ordre mondial qui s’en trouver menacé et l’existence de millions de personnes.
Les crimes se succèdent, machiavéliques… Les coups de théâtre surgissent au moment où l’on s’y attend le moins, touchant de près Léo et son équipe.
Quand le mari de Léonore, un important cadre de la DPSD, se défenestre, elle est bien la seule à ne pas croire à la théorie du suicide, la seule oui… L’étau se resserre, tous les coups sont permis, et l’ennemi n’est pas toujours celui qu’on croit, l’ami non plus d’ailleurs…
Mais Léo n’a décidément plus rien à perdre.
Un thriller particulièrement efficace, rondement mené qui, croyez-moi, fait froid le dos…
Catherine Fradier, après avoir été, entre autres, fonctionnaire de police, agent de sécurité, VRP, se consacre à présent à l’écriture.
Scénariste, romancière et nouvelliste, elle a été lauréate du Grand Prix de Littérature policière 2006 et du Prix SNCF du polar 2008 pour Camino 99 (qui fut attaqué par l’Opus Dei lors d’un procès retentissant).
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06 avril 2010
La fille de l'irlandais @ Susan Fletcher
Eve n’a jamais connu son père, il reste pour elle, petite fille de huit ans, un mystère, un fantôme dont il n’est pas bon d’évoquer le nom.
Née quand sa mère avait à peine dix-huit ans, Eve, Evangeline, n’a jamais connu son père, qui demeure pour elle un mystère, un fantôme dont il n’est jamais bon d’évoquer le nom surtout chez ses grands parents dont le souvenir est banni à jamais. L’évoquer, ne serait-ce que dans un murmure équivaudrait à bafouer la dixième règle établie par sa grand-mère. Silence, secret, pesant… Il y a bien pourtant la boite à chaussures de sa mère, sa boite aux souvenirs, qui visiblement n’évoquent que lui... Eve se l’imagine, tente de retracer pour elle seule, ce que fut la grande histoire d’amour de sa mère, avant sa conception, avant la fuite en avant, seule avec la petite fille…
Mais un jour, un drame vient bouleverser le petit village de ses grands parents. Rosie, une enfant de l’âge d’Eve disparaît mystérieusement. Les vieux démons ressortent, la traque commence…
Mal aimée du village parce que fille d’un moins que rien, brutal disent-ils, et capable du pire, Eve se retrouve vite mise à l’écart. Mais il y a Billy, le simple d’esprit, Billy qui semble la connaître sans pourtant l’avoir jamais vue auparavant. D’étranges liens unissent l’homme à la petite fille, la reliant au passé, la reliant à sa mère. Mais Billy, le « fou », n’est-il pas le suspect idéal ?
Navigant entre passé et présent, la petite Eve de huit ans, et celle devenue adulte qui se remémore cette époque cruciale de sa vie, alors qu’elle va mettre au monde son premier enfant, La fille de l’irlandais est un roman intimiste, d’une grande sensibilité, sur l’enfance, le sortir de l’enfance, le poids des secrets, et la découverte de la cruauté du monde adulte.
Un très très beau livre qui se dévore d’une traite, souffle coupé.
« J’avais huit ans. Il ne me vint pas une seconde à l’esprit qu’il pouvait y avoir des amitiés dangereuses ou qu’elles pouvaient se développer pour de mauvaises raisons. J’ai juste souri, et je me suis assise près de lui sur la souche. J’étais contente de l’avoir trouvé. J’ignorais tout des trahisons, à l’époque. »
Editions Plon 2004 et Editions J'ai lu
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02 avril 2010
Bon week-end de Pâques !
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01 avril 2010
La Fille électrique @ Giampaolo Simi
« Quand j’étais petite, on m’appelait la fille électrique. Quand on nous mettait au lit, mon frère Diego éteignait la lumière et me demandait de « faire les lucioles ». A chaque fois que j’enfilais un pull en matière synthétique, il produisait des crépitements et des étincelles en frottant cotre ma tête.
Mon frère adorait, il trouvait cela magique. » Convaincu que sa sœur est dotée d’immenses pouvoirs, il la convainc de tenir toute la nuit dans sa main les piles déchargées de son walkman, le lendemain, elles étaient comme neuves… Supercherie bien sûr, mais que la fillette découvrit non sans un grand désespoir.
Ainsi, personne ne serait doté de super pouvoirs…
« J’eus soudain l’impression de vivre dans un monde bien triste. »
Et pourtant de temps à autres, comme le jour où elle débarque au foyer de réinsertion pour y rencontrer, le dit « Cochise », un délinquant de 18 ans prêt à passer aux aveux, elle aimerait ô combien, être dotée d'un petit plus, à l'image de ce fameux courant électrique qui la galvaniserait le moment voulu….
« Mais la seule électricité que je ressens, ce sont des fourmis dans les genoux. Pour le reste, même le téléphone est à plat. Pas de réseau, pas de batterie. »
Cochise est l'élément particulièrement important, la clef peut-être d’une enquête de grande envergure au cœur même des réseaux mafieux du pays. Soupçonné d’avoir tué deux fillettes au cours d’un règlement de comptes entre deux clans rivaux qui aurait mal tourné, il nie tout en bloc. La mission de Rosa : le protéger tout en le « mettant à table » pour remonter au plus haut niveau de la mafia italienne.
Travail ô combien périlleux, et ardu, le jeune homme est farouchement hostile, violent, drogué et illettré… Et pourtant quelque chose intrigue Rosa dans son attitude….
Très progressivement, la jeune femme se rapproche de Cochise. Persuadée qu’il n’a pu tué les deux fillettes, elle conclut un pacte avec lui, acceptant de fuguer, tous les deux, pour remettre la main, ensemble et contre l’avis de sa hiérarchie sur l’homme invisible, sans visage qui manipule les clans terroristes, en Italie et même en Europe.
Le pari est risqué, on s’en doute, et Rosa va tomber de surprises en surprises… Quel rôle peut bien jouer son propre chef, le commissaire divisionnaire d’Intro ? Quel rôle, ou quel double-jeu ?
Haletant, sensible (le rapprochement entre la jeune policière et le petit truand est extrêmement bien écrit, tout en nuances, à pas feutrés), ce polar se dévore d’une traite et sans répit.
Le mal n’est pas forcément là où on le cherche, rien n’est sûr, tout est mouvant.
A découvrir de toute urgence, vous ne pourrez plus décrocher :)
« La Fille électrique » devrait prochainement être adapté au cinéma, et il le mérite amplement :)
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