Oscar a douze ans, les cheveux poil de carotte et une aversion incontrôlable pour toute formes d’injustice, ce qui l’amène bien souvent à se faire épingler par le directeur, l’intraitable M. Penguin, en plein milieu d’une bagarre, hirsute et les genoux écorchés. Il vit dans une petite maison tout de guingois avec sa mère, Celia, et sa sœur Violette, d’un an plus âgée que lui et perpétuellement dans les nuages. Leur père a disparu tragiquement quelques années plus tôt dans un accident d’avion. Il leur manque tant. Le soir, avant de se coucher, Oscar, comme un rituel, sort de dessous son matelas la photo de son père, un homme aux cheveux roux coupés très courts… « Salut papa ». Il lui raconte tout ou presque, persuadé intuitivement que d’où il est son père peut l’entendre, le conseiller et peut-être même un petit plus…
« La photo restait une photo, bien sûr, mais quand même, il avait toujours l’impression que d’une façon ou d’une autre son père finissait par lui répondre. Pas forcément avec des mots : parfois, il lui semblait faire des choses sans les contrôler et se disait que derrière ses gestes, il y avait son père. Comme si ce dernier était en lui, qu’il guidait ses pas et ses mouvements, et qu’ensemble ils prenaient des décisions… C’était peut-être ce qui se passait quand on disait qu’il ressemblait à son père ! En tout cas, ça lui faisait du bien d’y croire. »
Quelque chose les unit par-delà la mort, quelque chose de bien plus important que la simple ressemblance physique ou même morale ou intellectuelle… Oscar, s’il ne le sait pas encore aux toutes premières pages du roman est un Médicus, tout comme son père avant lui. Un Médicus qui a le pouvoir d’entrer dans le corps des gens pour les guérir, combattre la maladie..
Cela fait déjà pas mal de temps que le jeune garçon s’est pris de passion pour les sciences et la médecine, lisant plus ou moins clandestinement (mystérieusement pour lui, sa mère le lui interdit très vivement) des revues scientifiques qu’il cache un peu partout dans la maison et dévore parfois, au calme et « à l’abri » dans la blanchisserie de Mr Tin, après la sortie des classes et avant de rentrer à la maison.
Et puis, il y a ce drôle de pouvoir, dont il n’ose parler à personne et surtout pas à sa mère, celui de guérir, juste en les effleurant du bout des doigts, bosses, blessures et écorchures…
Mais un beau jour, une dame d’un certain âge fait irruption dans la vie de leur petite famille. Berenice Withers, car c’est bien d’elle dont il s’agit, fut une amie de son père Vitali Pill, et bravant la colère de Celia, elle est venue leur annoncer que le temps est venu pour Oscar de rejoindre les Médicus. Un danger terrible menace le monde, « des moments très difficiles s’annoncent pour nous tous, et il faut unir nos forces. », « Réfléchissez, Celia, il en va de l’avenir du monde, mais aussi de votre propre famille. Si vous pensez être à l’abri du danger qui nous guette tous, vous vous trompez. »
Celia, Oscar, vont devoir prendre la décision la plus importante depuis la mort de Vitali… Pour Celia, c’est un crève-cœur, elle a déjà perdu son mari, pour rien au monde elle ne voudrait à présent que son fils Oscar… Mais celui-ci, n’écoutant que la petite voix, droite et vaillante qui veille sur lui, prend LA décision de son existence, celle de rejoindre les Médicus, comme l’avait fait son père avant lui, au péril de sa vie.
Oscar va devoir s’initier, franchir les étapes qui feront de lui un Médicus accompli pour accomplir la mission de sauver ce qui peut l’être, avec en arrière plan, la silhouette de son père, son aura qui le protège et le soutient..
Berenice Withers l’emmène donc, au « siège » des Médicus, la demeure de Winston Brave, officiellement avocat, officieusement, grand maître des Médicus, pour y être instruit et espèrent-ils tous, franchir les étapes qui le mèneront à faire partie intégrante de l’ordre…
La maison est immense, la bibliothèque sans pareille. Oscar y découvre un univers totalement ébouriffant où les arbres peuvent devenir vos alliés, les livres vous parler (écriture cursive, hâtive et parfois enfiévrée sur les pages de garde) ou vous bouder (toutes les pages s’effacent comme par magie), et où les lieux de réunion sont infinis. Avez-vous déjà tenu une séance secrète dans le ventre d’un canari ? C’est pourtant bien ce que font les Médicus, dans le plus grand secret (et dire que la pauvre Mrs Withers est allergique aux plumes)…
La formation d’Oscar demandera du temps et de la patience… Il lui faudra connaître parfaitement les cinq univers du corps humain, maîtriser, médaillon, cape et ceinturon, avant d’être adoubé définitivement. Mais le danger presse. Y arrivera-t-il à temps ?
Je dois dire que je suis totalement tombée sous le charme d’Oscar et de son histoire. Le livre m’a suivie partout dans tous mes déplacements, grappillant le moindre moment de libre pour m’y replonger.
Sachez que vous découvrirez un monde merveilleux, celui de l’infiniment grand dans l’infiniment petit (votre propre corps, mais de façon un peu particulière :), des sous-terrains et des portes magiques, et de drôles de petits personnages qui m’ont fait pensé à des Humpa Lumpa mais en dix mille fois plus passionnants.
Le tome 1 s’ achève sur une terrible révélation pour Oscar… La vérité est-elle une et indivisible ou est-elle sujette, comme toute chose finalement, à interprétations…
« La seule vérité, c’est celle qui est au fond de ton cœur », lui dit sa mère, Célia..
Et comme elle a raison.
Les choses se compliquent pour Oscar, comme pour l’univers tout entier. Mais d'où il est, son père veille sur lui…
Il ne me reste plus qu’une chose à faire à présent, me lancer sans attendre dans le TOME 2, qui vient de paraître. Eh oui !
Que du bonheur !
Editions Albin Michel, Collection Wiz. - novembre 2009

Prochainement, sur ce Blog, mais déjà dans toutes les bonnes librairies depuis le mois de mai :
« Oscar Pill, les deux royaumes. »
ET, bien sûr : Oscar Pill, le
SITE :